Le barrage d'Inga menacé par la déviation des eaux de l'Ubangui
Par Hervé Bomey
Le Potentiel

Du 14 au 15 janvier deniers, il s'est tenu à Yaoundé, Capitale du Cameroun, une rencontre d'experts ressortissants des Etats membres de la Commission nationale du bassin du Congo-Ubangi-Sangha (Cicos).
Les ministres et/ou les délégués venus de la Rdc, du Congo-Brazzaville, de la Centrafrique et du Cameroun ont tenue cette réunion à côté d'une autre qui regroupait les ministres Etats membres de la Commission du bassin du Lac Tchad (Cblit). Il s'agit du Nigeria, du Tchad, du Niger et du Cameroun.
L'enjeu de ces deux réunions parallèles reste la réalisation projet de dérivation des eaux à la rivière Ubangi en vue de renflouer le lac Tchad dont la superficie est passée de 25.000 Km2 en 1972 à 2000 Km2 aujourd'hui. A la demande pressante de Kinshasa et de Brazzaville, les experts à la réunion de la Cicos à Yaoundé ont la résolution de suspendre le processus actuel de la déviation eaux du bassin au Congo ou profit du bassin du lac Tchad, projet initié par les pays de la Cblt.
Les experts de la Cicos ont par la même occasion recommandée l'organisation à Bangui (Rca), du 25 février au 1er mars 2002, d'une réunion de concertation des Etats pourvoyeurs des ressources en eau. C'est au cours de ce rendez-vous que les Etats membres de la Cicos vont élaborer une position commune. C'est cette position qui sera défendue auprès des Etats membres de la Cblt, lors d'une réunion de concertation entre les deux parties, à savoir, les pays pourvoyeurs et les pays bénéficiaires des eaux de l'Ubangi. La rencontre projetée entre les deux parties aura pour but de définir et d'arrêter le modalités de mise en oeuvre du projet contesté.
La rencontre de Yaoundé a ainsi permis aux pays riverains de l'Ubangi l'Ubangi de faire entendre leurs objections. En effet, les experts des deux Congo, en particulier, estiment que dans sa version actuelle, le projet de transfert des eaux de l'Ubangi vers le lac Tchad soulève de fortes inquiétudes au sujet notamment des conséquences aux plans sécuritaires, environnemental, énergétique et nautique.
Kinshasa et Brazzaville redoutent spécialement une baisse du régime du barrage hydroélectrique d'Inga. Il en est de même pour les naviguant des deux rives qui craignent la baisse du tirant-d'eau sur l'Ubangi et le fleuve Congo, l'écho des consommateurs congolais a été entendu à Yaoundé à propos du déroutage des poissons vers le bassin du lac Tchad.
En un mot comme en mille, les Congolais de Kinshasa et ceux de Brazzaville sont persuadés que si ce projet venait à se réaliser, il sera à l'origine d'un vaste désordre écologique qui va affecter tout l'écosystème dans le bassin du Congo-Ubangi, Sangha, estiment les experts de la Cicos.
Le projet de déviation des eaux du bassin du Congo est évalué à 5 milliards de francs Cfa, soit un peu plus de 7 millions de dollars. Des bailleurs de fonds tels que la Banque africaine de développement (Bad) et la Banque islamique de développement (Bid) ont répondu positivement à l'appel d'offre international lancé à ce sujet en octobre 2001 par la Cblt.
Affaire à suivre!

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