Buassa bu Tsumbu, rapporteur général du G14 et modérateur et porte-parole du MODEL (Mouvement pour la démocratie et l’économie libérale).

La Cité Africaine (Citaf) : Comment l’opposition politique auquel vous appartenez prépare-t-elle l’endossement de l’accord global et inclusif ?

Docteur Professeur Buassa (Dr Pr Buassa) : En ce qui concerne l’endossement, il y a pas de préparation. La seule préparation qui vaille c’est la recommandation du président Masire faite le mardi 14 janvier selon laquelle, en ce qui concerne notre composante, il retient qu’il n’y a que 26 délégations et donc 26 chefs de délégations, rien que 26. A l’intérieur de délégations, il peut y avoir des modifications qu’il attendait dans 7 jours. Donc, au 21 janvier, il doit avoir reçu les modifications éventuelles au sein de différentes délégations pour qu’il puisse préparer les invitations à cette plénière. Ces modifications doivent être signalées par les chefs des délégations qui sont déjà répertoriés et connus au niveau de la facilitation. Au RCD/Goma, par exemple, Kin Kiey Mulumba a quitté avec les Kabange Babadi. Donc il est évident que la délégation du RCD/Goma sera modifiée puisque que nous nous en tenons aux composantes des délégations telles qu’elles étaient au dialogue intercongolais.

Citaf : Et l’endossement ?

Dr Pr Buasa : On endossera l’accord. Vous savez que l’accord comprend également des annexes dont le projet de constitution de la transition que le médiateur a déjà envoyé aux différentes composantes et entités. Il faut noter que toutes les parties ont déjà envoyé leurs amendements auprès du Pr Sabra qui est chargé d’amender ce texte. Et donc lorsqu’on va endosser l’accord global et inclusif, en principe, sera également adopté formellement la constitution de la transition qui va nous régir deux ou trois ans.

Citaf : Il y a déjà un calendrier qui se dessine à l’horizon où tout doit se négocier après l’endossement de l’accord ?

Dr Pr Buassa : Le premier travail est entrain de se faire actuellement au niveau du facilitateur, le président Masire, qui contacte les différentes parties au dialogue intercongolais pour obtenir l’endossement. Il se pose une question de la date et du lieu. Comme vous savez, le 14 janvier, le facilitateur a reçu la composante opposition politique. Il s’est dégagé un consensus pour que la date soit le 31 janvier 2003 et le lieu ce serait Sun City. C'est un problème de symbolique parce que les travaux du dialogue ont débuté à Sun City et ont été suspendus Il est tout à fait logique qu’on puisse les terminer à Sun City. Il est prévu également que les travaux se déroulent en trois jours : le premier jour c’est l’arrivée des délégués ; le deuxième jour l’endossement de l’accord global et inclusif et le troisième jour la clôture solennelle du dialogue. C’est ce qui est proposé par le facilitateur.

Citaf : Un problème non moins important c’est la désignation des animateurs. Comment ça se fait concrètement ?

Dr Pr Buassa : Cette question ne se pose avec acquitté que pour les composantes non monolithiques. Je parle des forces vives(la société civile), je parle de la composante opposition politique. En ce qui concerne la composante opposition politique, comme nous l’avons déjà dit à certains de vos confrères, il y a une concertation qui a été initiée par le PALU. Vous savez que le PALU est actuellement le doyen de toutes les organisations. Il réunit les différentes organisations politiques parties au dialogue intercongolais pour d’abord se mettre d’accord sur les procédures de désignation et ensuite voir comment cela pourra se faire. Donc la première des choses c’est l’inventaire des postes qui ont été attribués à l’opposition politique. La deuxième, le mode de désignation des délégués de notre composante au niveau de différents espaces : présidentiel, Gouvernement, assemblée national, sénat. Et enfin, il est évident que ce sont les organisations qui recevront les quotas et qui auront la liberté de proposer les candidats pour ces postes-là, pourvu qu’elles remplissent les critères fixés par l’accord global et inclusif.

Citaf : Alors c’est le moment que choisit le G14 auquel vous appartenez pour imploser ?

Dr Pr Buassa : Non, le G14 n’a pas implosé, le G14 est là, il est débout et continue sa marche. Il ne peut même pas imploser et d’ailleurs à la facilitation , il a été réaffirmé que le G14 demeure un et indivisible.

Citaf : C’est-à-dire ? Dr Pr Buassa : C’est-à-dire qu’il y a un seul G14. C’est le G14 dont la délégation a été conduite au dialogue intercongolais par le Dr Kabamba.

Citaf : Aux dernières nouvelles, vous devenez même au cœur d’un blocage, même la réunion d’hier a avorté parce que le G14 ne pouvait se mettre d’accord sur les responsabilités pendant la transition.

Dr Pr Buassa : Nous, nous pensons que ce qui s’est passé ces derniers jours est comparable à la situation qui s’est déroulée lorsqu’il fallait envoyer des observateurs chez Moustapha Niasse sur l’architecture institutionnelle. Il s’est retrouvé des organisations qui, en dehors, s’étaient réunies pour bloquer les travaux. On a compris cela. Finalement il y a le groupe le plus cohérent qui a fait un travail envoyé à Moustapha Niasse et auquel on a tenu compte. Nous avons donc l’impression qu’il y a des organisations qui ont quitté le G14 depuis longtemps, précisément le 6 septembre 2002, qui militent aujourd’hui dans l’opposition politique congolaise camp du peuple que dirige le président des FONUS. Ne trouvant pas leur compte au niveau des FONUS dans la distribution des dividendes, ils veulent revenir par un forcing au G14. Ils veulent donc bloquer les travaux initiés par le PALU.

Lors de notre dernière réunion, nous avons estimé que comme notre composante est plurielle, que chacun des groupes actuellement constitué, que ce soit le groupe des organisations politiques proches du MLC, le groupe des organisations politiques proches du gouvernement, le groupe des organisations resté dans le noyau dur de l’opposition politique fassent cet exercice entre eux, et après on verra comment harmoniser les positions des 3, 4 ou 5 groupements qui existent dans l’opposition politique parce que pour le moment, certaines organisations politique qui ont quitté le G14 depuis 2002 et qui travaillent avec les FONUS se présentent au G14, lequel G14 est entrain de travailler avec le MNCL, le PALU, l’UDPS et qui ont un travail cohérent.

Citaf : Il y a une autre préoccupation sur le plan politique, c’est la situation qui prévaut en Ituri. Avez-vous un commentaire personnel à faire à ce sujet ?

Dr Pr Buassa : Je n’ai pas de commentaire personnel à faire à ce sujet. J’ai le commentaire de mon organisation politique, le MODEL qui est membre du G14. Vous savez que lors des massacres de Kisangani, le G14 a été la première organisation à dénoncer et à condamner avec véhémence ces violations flagrantes des droits de l’homme. Aujourd’hui que les atrocités qui sévissent en Ituri viennent d’être parfaitement démontrés par le rapport des Nations Unies, au nom de mon organisation politique, en attendant que le G14 se réunisse, nous condamnons tous ces actes de cannibalisme qui sont perpétrés en Ituri et ailleurs. Et nous plus loin. Nous pensons que la composante et l’entité qui sont concernées par les atrocités et qui sont partie prenante à l’accord global et inclusif devrait réfléchir par deux fois avant de proposer le noms des personnes qui doivent entrer dans la direction des institutions de la transition.

Citaf : N’y a-t-il pas à craindre que cette situation compromette l’avancement du processus de la pacification et de la réunification du pays?

Dr Pr Buassa : Non parce que les composantes demeurent. Et dans les composantes tout le monde n’est pas également concerné. Nous espérons connaître rapidement les vrais auteurs de ces massacres, de ces pillages, de ce cannibalisme. Une fois connus, ils doivent être traduits devant la justice. Ils doivent également être disqualifiés pour la gestion de la transition parce que ce sont des crimes contre l’humanité. Nous pensons même qu’il faut que le tribunal pénal international s’occupe des auteurs de ces atrocités. Çà c’est la position du MODEL. Quant au G14, nous rendons public d’ici lundi une déclaration.

Interview réalisée par Honoré Bulantulu