Une réflexion sur un moyen inespéré d'éradiquer la pauvreté dans le monde au 3e millénaire

par le professeur Augustin-Romain Kioni Kiabantu

L'Éternel Dieu dit à Adam :

"C'est de la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, Jusqu'à ce que tu retournes dans le sol, D'où tu a été pris ; Car tu es poussière, Et tu retourneras à la poussière." (Genèse 3, 19)

A cause de cette implacable sentence divine, nombreux sont ceux qui mangent du pain de la sueur de leur front.

Malgré cette sentence, certains parviennent à manger leur pain de la sueur du front des autres.

C'est parmi les premiers que l'on retrouve généralement des pauvres. C'est parmi les seconds que l'on retrouve généralement des riches. La pauvreté dans le monde dérange certaines consciences. Dieu merci ! Comment l'éradiquer à tout jamais au cours du 3e millénaire ?

Il suffirait, semble-t-il, de demander à l'Éternel Dieu de permettre que les riches payent les pauvres pour que ceux-ci meurent à leur place. Ce moyen inespéré d'éradiquer la pauvreté dans la condition d'existence humaine, je l'avais découvert il y a une quinzaine d'années. C'était à l'issue d'un film russe vu à la télévision. Le producteur de ce film, dont je ne me souviens plus du titre, avait conclu :

"Si les riches devaient payer les pauvres pour que ceux-ci meurent à leur place, il n'y aurait plus des pauvres".

En ma qualité de professeur d'économie en faculté - déformation professionnelle oblige - j'avais cherché à comprendre le message caché derrière cette conclusion.

J'avais cru comprendre ceci. Pour ne pas mourir, le riche A payerait le pauvre B pour que celui-ci meure à sa place. Pour ne pas mourir, le pauvre B, devenu lui-même riche, payerait le pauvre C pour que ce dernier meure à sa place... De proche en proche, les pauvres seraient très recherchés par les riches et par ceux qui le deviendraient.

Quel beau monde où la pauvreté serait éradiquée à tout jamais. Mais pour y parvenir, une révision de la sentence divine s'imposerait : "Car tu es poussière, Et tu retourneras à la poussière."

Peut-être qu'en organisant des marches à travers le monde, l'Éternel Dieu pourrait être amené à réviser sa sentence !

En attendant cette révision, remercions l'Éternel Dieu qui a conçu la mort comme le lot commun à nous tous. De la sorte, personne ne serait ni éternellement riche ni éternellement pauvre.

Enseignement : Bambuta bawu vo : « Dia lungila, ka yukuta ko ». [Traduction libre. - D’après nos ancêtres : « Partager la nourriture, et non chercher à se rassasier »]

N’est-ce pas là une maxime traditionnelle kongo riche en enseignement pour inciter au partage des ressources de la communauté ?

A-R. Kioni Kiabantu