Alternatives pour la paix au Congo

par Rolland Mena, libre penseur

 

 

Introduction  

 

 

Face à la situation qui prévaut dans notre pays, il est devenu impératif que toutes les forces vives de la Nation se retrouvent autour d'une table afin de créer les conditions idéales à la réalisation du Dialogue Intercongolais. Nous sommes tous appelés à réagir pour la tenue de ce nouveau rendez-vous avec l'histoire de notre pays et de notre peuple. Disons-nous qu'après ces travaux, une nouvelle ère va sonner, et que le peuple congolais va enfin démarrer l'écriture des plus beaux chapitres de son histoire.

 

Si nous avons voulu de ce nouveau forum, c'est justement parce que nous sommes conscients que cette rencontre a une importance capitale, non seulement pour la paix dans notre pays et dans la région des Grands Lacs, mais aussi pour le rétablissement d'une confiance et d'un respect mutuels entre les pays impliqués.

 

Au moment où l'Europe s'élargisse, l'Amérique se démène pour mettre en place une coopération économique entre tous les pays d'outre-Atlantique, nous autres en Afrique, nous nous battions encore pour des terres. Acceptons que cette démarche aux formes les plus liberticides des actions que nous menons est ridicule.

 

Plusieurs tentatives depuis la disparition de Monsieur Laurent Kabila, ont été entreprises grâce notamment à une volonté aussi timide fut-elle, mais une volonté qui a fait que plusieurs rencontres aient déjà eu lieu, et d'autres encore sont d'ailleurs prévues afin d'harmoniser les points de vue de toutes les parties à l'aboutissement à un consensus pluriel pour la paix dans notre pays.  

 

Lors du Pré-Dialogue de Gaborone, les acteurs présents avaient balisé le terrain et arrêté certaines décisions communes qui allaient de la fin de la guerre par les initiatives nationales de paix et de sécurité, à la résolution des questions économiques et financières, notamment la cohabitation interethnique, protection des minorités et de principe de nationalité. En soi, cette volonté est unanime. Mais, nous puissions penser que nous ne devons pas rater ce rendez-vous, en incluant dans le cahier de charges des éléments qui peuvent être différés et dont seul un gouvernement légitime et responsable prendra en entièrement sous sa responsabilité.

 

La vérité est que : le Dialogue Intercongolais ne peut pas résoudre la crise socio-économique du Congo. Comme il ne peut pas non plus mettre en place un Etat de droit, au sens juridique du terme au Congo. Et surtout, à aucun moment ce forum doit se transformer à un événement qui va légitimer le pouvoir en place ni la position des belligérants. Ce n'est pas non plus une machine qui va transformer des hommes simples en ministres ou autres. On passera à côté.      

 

Ce rendez-vous qui constitue un cadre de discussion légal pour l'entente entre Congolais, ne doit pas non plus être considéré comme un lieu où le régime en place et les belligérants iront partager le pouvoir. Quel partage, d'ailleurs ? Puisque voici trois ans que le pouvoir au Congo a été départagé par les mêmes acteurs sans autorisation du peuple. Nous ne devons pas oublier que nous avons trois administrations opérationnelles, mais fonctionnant à vide, c'est le seul hic. Par conséquent, ce rendez-vous, ne doit plus avoir cette connotation, dirions-nous : partageuse du pouvoir, mais d'autres missions : celle de réconcilier les Congolais, d'apaiser les tensions internes et externes, établir les modalités des échéances futures, discuter sur la problématique de départ de troupes étrangères, et en fin déléguer à une composante de la Nation le pouvoir pour une durée déterminée d'un commun accord. Telles sont nos attentes à ce forum.  

 

Quant aux mesures arrêtées à Gaborone, elles sont toutes aussi importantes les unes que les autres, mais les glisser dans le cahier de charges du Dialogue intercongolais me semble être trop excessif. Nous risquons de prolonger la durée des travaux. Si nous regardons en aval et en amont de la signature de l'accord de Lusaka, nous verrons que les préoccupations ultimes étaient le rétablissement de la paix dans notre pays notamment dans la région des Grands Lacs et la réconciliation nationale.

 

Ce sont ces deux matières qui doivent prévaloir au Dialogue. Parce que la première, c'est-à-dire le rétablissement de la paix, suppose le départ inconditionnel des troupes étrangères basées dans notre pays, et la seconde, conditionne l'entente entre les Congolais, les véritables acteurs de cette crise. Ce n'est nullement parce que certains gouvernements ont été appelés au secours de belligérants, qu'ils doivent détenir un quelconque droit ou mot à dire au rétablissement de la paix dans notre pays.

 

Et le cadre légal, prévu par cet accord singé le 10 juillet 1999, est le Dialogue Intercongolais. Je suis  convaincu que la clé de la cette crise se trouve effectivement à ce Dialogue. Mais à la condition que toutes les parties qui ont des ambitions même légitimes, acceptent le consensus, que je conçois  comme l'essence de la maturité politique. Car la présence ou le maintien de certaines personnes détenant une portion du pouvoir aujourd'hui, peut doublement constituer un frein à la résolution définitive de cette crise qui plonge le Congo dans une situation de perdition totale.     

 

Pour moi, le Dialogue Intercongolais doit définir les grandes lignes de la Transition. J'en propose trois plus grandes :

 

Primo : le retrait des troupes étrangères.

Secundo: l'élaboration d'une constitution provisoire juste et égalitaire qui engagera l'avenir du pays.

Tertio : la mise en place d'un Gouvernement de Transition, qui en gérant la Transition, va inclure dans son cahier de charges toutes les matières proposées à Gaborone.

 

Ces trois axes sont pour moi, les grandes lignes qui doivent être débattues lors du Dialogue Intercongolais. Ils sont compris dans les deux volets : politique et militaire qui constituent l'ossature même de la crise congolaise et qui appellent le Dialogue. Quant à la Constitution, elle représentera la garantie pour tous. Car sans des textes légaux, tout travail accompli sera nul et inefficace. 

 

Ce Plan que je dénomme " PLAN M.E.R.M.O ", est pour moi , en tant que libre penseur et surtout Congolais, c'est-à-dire acteur de premier plan qui doit faire tout son possible pour la paix au Congo.  C'est pour moi, la solution, la moins mauvaise parmi toutes les solutions imaginées et imaginables à ce jour. J'ai essayé de voir parmi toutes les combinaisons possibles, celle qui va non seulement satisfaire tout le monde, mais aussi mettra fin aux hostilités de tout genre pour une transition neutre capable de répondre aux attentes des populations congolaises.   

 

Je n'ai pas fait que proposer. J'ai voulu aussi nous éviter la perte inutile de temps. Car l'expérience nous a montré que très souvent, nous autres Congolais, allons à la table de discussion sans projet et sans même avoir une opinion réfléchie ; raison pour laquelle nos discussions s'éternisent toujours. Pour le reste, je suis ouvert à toute discussion. 

 

 

 

 

                                                                                                                      Roland MENA

 

                                                                                                                      Libre penseur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Maintien des décisions prises lors du Pré-Dialogue à Gaborone

 

 

 

Il serait regrettable de rejeter toutes les mesures arrêtées à Gaborone. C'était la première fois que toutes les parties à l'unanimité avaient manifesté la volonté d'aller de l'avant, et de cette volonté, ils ont pu accoucher quelque chose d'une extrême importance. Ces acquis doivent nous servir dans nos discussions futures car ils démontrent l'implication de toutes les parties dans la résolution de cette crise. 

 

Je ne reviendrai pas sur ces mesures connues de tous. Mais seulement, je voudrai ressortir ici quelque chose d'une extrême importance : le Temps. Nul doute que les 45 jours prévus pour la tenue du Dialogue sont suffisamment courts pour traiter toutes les matières retenues lors de la première rencontre.

 

En 45 jours, je pense qu'il est quasi impossible de les apurer toutes. Le risque est donc grand de rallonger cette durée et le temps nous est compté !  L'avenir nous donnera raison.    

 

Mais en revanche, ce délai est largement suffisant pour appliquer, par exemple, le " Plan M.E.R.M.O " ci-dessous présenté. Autrement dit, nous avons la possibilité de gagner du temps, tant que nous sommes aussi tenus de regarder ce qui se passe sur le terrain : la paupérisation de la pauvreté, la dégradation des conditions de vie et les maladies multiples signalées dans plusieurs villes du pays, qui requièrent la mise en place rapide d'un gouvernement légitimé par toutes les parties et reconnu par l'opinion internationale. 

           

            - Craintes :

 

Si nous maintenons toutes ces mesures prises à Gaborone dans le cahier de charges du Dialogue, nous allons devoir rallonger la durée de ses travaux. Et finalement, nous ne ferons pas grand-chose sinon tergiverser pour rien, car je ne vois pas comment résoudre en 45 jours une crise multiforme qui a duré plusieurs décennies ? 

 

Je crains que la prolifération des travaux exige plus de fonds. Déjà, l'oraison gouvernementale et belligérante est le manque d'argent, mais paradoxalement, pour s'acquérir de nouvelles armes en vue de faire la guerre et payer les troupes étrangères, l'argent ne fait pas défaut ! Soit. 

 

Autre crainte, est que nous passions à côté de ce rendez-vous, si nous devons inclure dans le cahier de charges d'autres préoccupations qui ne requièrent pas la tenue du Dialogue, mais la créativité et les compétences, sinon la vision d'un Gouvernement responsable.

            - Avantages :

 

C'est justement, que nous allons gagner énormément du temps en mettant ces mesures de côté pour nous concentrer sur les matières qui exigent la tenue de ce grand forum, à savoir la Paix et la Réconciliation nationale.

 

Mais aussi nous gagnerons en maturité et nous seront pris au sérieux par la communauté internationale qui va nous juger au travers de ce forum.

 

            - Proposition :

 

Soumettre ces mesures au Gouvernement de Transition consensuel, lequel, reconnu par l'opinion internationale, aura moins du mal à obtenir des fonds étrangers et à exiger le départ inconditionnel des troupes étrangères présentes sur le sol congolais. Car, ce qui fait défaut aujourd'hui au Congo, c'est bien entendu : la légitimité qu'aucune partie ne possède !

 

2. Elaboration de la Constitution

 

 

 

Il est à comprendre que si la République démocratique du Congo possédait une Constitution en bonne et due forme, bien de situations auraient été obviées. Cette Table ronde n'aurait probablement pas eu lieu. Car, la Constitution aurait pu éviter la tenue de la Conférence nationale, la guerre de libération, ces rébellions, et voire la présidence actuelle au Congo.

 

Il est dit : l'absence d'une Constitution dans une nation est une tare ! A plusieurs reprises que les différentes constitutions furent élaborées dans le courant de l'histoire du Congo, un coup de force les a toujours balayées.

 

Je peux cette fois-ci espérer que, maintenant que les Congolais semblent avoir compris la leçon du passé, la constitution dont je suggère l'élaboration au Dialogue Intercongolais, sera celle qui va définir l'existence et le fondement notamment le fonctionnement général des organes gouvernementaux ainsi que la relation entre les citoyens et l'Etat du Congo que nous voulons avant tout démocratique.

 

Cette Constitution doit être égalitaire et juste. Elle doit aussi énumérer les droits et devoirs des citoyens, la procédure de l'accession à la plus haute magistrature du pays, et ne devra être modifiée qu'avec l'accord de la majorité des représentants du peuple. Ainsi, elle permettra à tous les habitants du territoire national de faire valoir les mêmes droits qui y seront inscrits. Elle doit aussi garantir les mêmes chances à tout chacun, offrir et assurer les meilleures garanties pour la paix. 

 

            - Craintes :

 

Si la Constitution ne garantit pas ces différentes recommandations et d'autres encore, à l'exercice du pouvoir et à la paix sociale, il est certain que nous allons retomber dans les affres du passé et dans des procédures paranormales pour le choix des dirigeants et décideurs politiques du pays.

 

Autre crainte est que sans les textes légaux qui garantiront le bon déroulement de la Transition, nous retournons à la case départ : la lutte du pouvoir, et puisque Kigali nous a appris comment prendre le pouvoir dans l'impunité internationale, nous devons nous attendre à d'autres rébellions.

 

            - Avantages (liste pas exhaustive) :

 

1. Avant tout le respect de tout un chacun dans son rôle à jouer dans l'évolution de notre pays.

2. La garantie d'un règlement pacifique des conflits internes.

3. La paix et la tranquillité sociales dans la procédure évolutive de la nation.

4. La stabilité politique et institutionnelle, notamment la lutte contre toute forme d'anarchie.

5. La justice équitable selon les règles établies par la loi.  

 

Il faut savoir que sans des textes légaux impersonnels pendant la Transition, et si cette transition est dirigée par un mélange entre politiques non armés, politiques armés, membres de la Société civile et membres du gouvernement sortant, les risques seront énormes que la Transition soit le théâtre d'une lutte d'influence et des coups de tout genre, quelle que soit la formulation et le schéma à mettre en place. 

 

            - Propositions :

 

Lors des travaux du Dialogue, qu'une commission soit mise en place dans le but d'élaborer une nouvelle constitution du pays et la soumettre à l'assemblée. Celle-ci sera débattue, modifiée, amendée et promulguée après à la fin du Dialogue et finalement soumise à l'approbation populaire. En feuilletant quelques constitutions notamment celle de la CNS, je ne pense vraiment pas qu'il faille prendre 45 jours pour en élaborer une autre. On peut juste l'actualiser.    

 

            3. Retrait des troupes étrangères

 

 

a. Dans les territoires occupés

 

Il est incontestable que les responsables politiques de nos régions occupées feront la sourde oreille, si le retrait des troupes étrangères est inlassablement exigé par les autorités de Kinshasa, pendant qu'elles aussi n'ont d'existence effective que grâce à la présence des troupes étrangères.  Ce qui est vrai est que, exiger le Rwanda et l'Ouganda à quitter l'Est du Congo, alors que ces deux pays sont frontaliers du nôtre, est une peine perdue ! Leurs troupes peuvent quitter le matin pour revenir au soir.

 

            - Raisons :

 

Les populations congolaises vivant sous leur férule ne savent plus vivre dans les régions occupées. Les droits de l'homme, notamment à l'expression sont bafoués. Les massacres et les viols commis dans ces régions deviennent de plus en plus fréquents et demeurent impunis.

 

Les populations sont prises en otage dans leur propre pays et de ce fait, ne sont plus libres de vaquer à leurs occupations. L'insécurité est de plus en plus croissante et des exactions diverses sont devenues monnaie courante. Les assassinats arbitraires sont aussi de plus en plus fréquents. 

 

Asservissement des responsables politiques, de ce fait, ces derniers ne savent plus se désolidariser de leurs alliés sans scrupules. Annexions de certaines villes congolaises dans les arrondissements sous contrôle de Kigali et Kampala. Et exploitation à outrance des mines du Congo.  

 

            - Craintes :

 

Les premières craintes c'est la balkanisation du Congo. Que tous ces crimes insanes restent impunis, et que leurs auteurs ne soient jamais traduits en justice. Toutes les richesses des régions occupées aillent ailleurs. Certains pays sont devenus producteurs des matières premières que leur sous-sol ne produit pas.  

 

b. Dans la ville de Kinshasa

 

Les troupes angolaises peuvent exactement imiter les troupes rwandaises et ougandaises : l'Angola et le Congo étant frontaliers. Mais le Zimbabwe, le pays qui a le plus dépêché des hommes au Congo ne peut retirer ses troupes de Kinshasa que si un moyen de transport lui est fourni.       

 

Quant au régime de Kinshasa, il ne faut même pas s'attendre à ce qu'il mette un moyen de transport pour rapatrier ces hommes dans leur pays : il y va de sa survie au pouvoir. Et le bénéfice que retire le gouvernement de Harare dans sa nouvelle coopération avec Kinshasa, ne laisse aucun doute que ce pays ne va pas retirer ses hommes si une force irréfragable ne l'y oblige.

 

Mais dans la volonté de faire partir les troupes zimbabwéennes, il faut se garder à l'esprit que ces derniers, même si cette situation voulue, constitue l'argument par excellence des autorités de Kinshasa, dans la mesure où ces troupes assurent aussi un semblant de sécurité dans la capitale, au moment où les forces congolaises, sont quasi désarmées.      

 

            - Craintes :

 

C'est de voir ces pays venus pour des raisons obscures, s'enrichir et le Congo s'appauvrir davantage. Que l'indépendance congolaise soit remise en question. Que nous manquions la possibilité de rebâtir notre pays et de bâtir une armée républicaine. Que notre économie soit contrôlée par un gouvernement étranger. Que la paix ne revienne jamais dans notre pays, etc.

 

Le coût exorbitant que pouvoir de Kinshasa paie à ces troupes étrangères au lieu d'affecter ces sommes aux actions ciblées des populations meurtries, pèse lourdement sur le Gouvernement et les premiers qui sont sacrifiés, c'est le peuple congolais. Evidemment que les forces qui soutiennent en hommes et en munitions les forces dites rebelles, ne sont pas au Congo par simple solidarité.     

 

            - Propositions :

 

Puisque de part et d'autre, la volonté de laisser partir leurs alliés n'existe guerre, il faudrait momentanément à travers de nouveaux accords définis et établis par les membres du Dialogue, les laisser dans le pays. C'est dur ce que je dis, mais sachez que ces forces ne partirons pas d'elles-mêmes car elles sont liées par des contrats. Je propose que lors de la mise en place du gouvernement de Transition, qu'une Commission ou la Commission défense et sécurité élabore des modalités qui les contraindraient à un départ à l'amiable. Car l'évacuation totale des régions occupées notamment la capitale kinoise est un fait logique et incontesté. 

 

Il faut savoir qu'aussi longtemps que leurs alliés resteront au pouvoir, le Rwanda, l'Ouganda, l'Angola, et le Zimbabwe ne quitteront jamais le Congo. Car des pactes avaient été signés avec ces gouvernements, des pactes qui ne liaient pas le Congo à ces pays, mais ceux qui liaient les hommes politiques Congolais à ces pays. Donc exiger leur départ sans mettre un terme à leurs accords secrets, sans annihiler cette étatisation personnalisée, c'est une peine perdue ! Nous devons être plus intelligents et diplomates dans le recherche des solutions pour la paix au Congo.

 

Par ailleurs, l'hypothèse la plus plausible qui contraindrait ces gouvernements à retirer leurs troupes de notre territoire, c'est à la fois, la disparition de tous les belligérants de la scène politique congolaise, même momentanément. Ceci n'est un secret pour personne. S'ils ont l'amour de leur pays, ils doivent accepter de s'effacer de la scène politique congolaise. Mais qui oserait ?

 

A supposer que les belligérants acceptent de se retirer, dans le même temps, les Nations Unies devront augmenter le nombre de leurs troupes dans tout le pays. Je pense que l'effectif de onze mille hommes pourrait largement suffire au moyen de mille hommes par région. Car si Le Rwanda, l'Ouganda, l'Angola et le Zimbabwe ont individuellement pu dépêcher plusieurs milliers d'hommes sur le sol congolais, l'Onu qui est une organisation internationale, doit être à même de mobiliser plusieurs hommes au Congo et dans la région des Grands Lacs.        

 

            - Avantages :

 

Plus question de suspicion. Sécurité populaire et d'opposants au régime garantie. Neutralité certaine. Libération des dirigeants des territoires occupés, notamment ceux de Kinshasa. rupture de tous les liens avec les firmes étrangères et tentative de renégociation de différents contrats signés dans des conditions moins avantageuses pour le Congo.

 

Le départ des troupes étrangères doit être orchestré par les Nations Unies, puisque ce sont elles qui vont assurer la paix tout au long de la Transition. Le gouvernement de Transition doit pouvoir imposer cette solution et obtenir l'approbation du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

 

La difficulté persistera si un des belligérants reste à la tête du pays. Mais par contre, si nous mettions un Premier ministre pour la Transition, nous risquons malgré tout d'avoir quelques difficultés car c'est la présidence du pays qui est l'enjeu de tous les enjeux. Le Gouvernement et le Parlement sont aussi importants, mais il faut reconnaître que cette situation plus que complexifiée que jamais a besoin des choix très tactiques. Sa résolution appelle la mise en place d'une stratégie unique qui facilite le déroulement de la Transition. Elle appartient à la Société civile.      

 

 

 

 

4. Mise en place d'un Gouvernement de Transition 

 

 

 

a. Le Président de la Transition

 

La Présidence de la République est une fonction très importante, eu égard au nombre de décisions à sa charge ! En tant que telle, l'homme appelé à assumer cette haute fonction doit impérativement être de la nationalité congolaise. Il doit être à même de prouver à cent pour-cent ses origines, même s'il est né à l'étranger. 

 

Par rapport à la configuration actuelle, où chaque camp estime avoir les compétences d'incarner cette fonction, il est devenu très difficile de trancher sur cette question. Il faut néanmoins savoir que le Président de la Transition ne peut pas être lui-même candidat aux élections présidentielles à venir : question de principe.

 

            - Raisons :

 

On ne peut pas être juge et partie.

 

            - Craintes :

 

La triche éventuelle, notamment la possibilité que la personne travaille pour sa propre réélection.

 

            - Avantages :

 

Neutralité, liberté d'action, absence de toutes influences externe et interne. Par contre, laisser le Président de la Transition se présenter aux élections futures, c'est violer le principe de juge et partie, c'est aussi lui donner la possibilité de tricher, c'est encore avantager sa position par rapport aux autres, entre autres, dans ses déplacements et surtout les privilèges qu'il conservera. Et pour couronner le tout, il ménagera ses efforts et sa force en travaillant moins par rapport aux autres. L'idéal est que tous les candidats soient mis sur le même pied d'égalité. 

 

Cela va aussi permettre aux autres candidats de pouvoir se sentir libres et à l'aise pendant leur propagande, dans leurs déclarations publiques notamment dans le temps d'occupation des médias ainsi que leurs déplacements dans toutes les régions du pays. Cette personne doit être celle qui va accepter de remettre le pouvoir après les élections présidentielles.

 

            - Propositions :

 

            Schéma 1.

 

Vu le déferlement des candidats politiques depuis la présidence dite intérimaire de Joseph Kabila, date à laquelle tout homme politique congolais se sentit présidentiable ce tenant compte des circonstances dans lesquelles Joseph Kabila est devenu président et eu égard au cursus de ce dernier, je crois que nous devons calmer certains politiciens congolais. Nous risquons de nous retrouver avec une myriade de candidats. 

 

D'où l'idée de transcender nos divergences politiques et de faire pour une fois, nous politiques, preuve de maturité politique en acceptant que, cette petite durée mais dont l'importance est capitale pour toute une nation, soit dirigée par un homme issu de la Société Civile. Autrement dit, que le gouvernement de transition soit dirigé entièrement par cette force vive de la Nation. Nous éviterons d'accorder une prime à la guerre.

 

            - Avantages :

 

Neutralité, efficacité, libre accès dans tout le pays sans crainte dans les régions occupées pour les différents contacts avec les personnalités régionales dans l'organisation et la préparation des élections futures.

 

La Société Civile n'ayant pas pris part à la rébellion et sa finalité n'étant pas la conquête du pouvoir mais la sauvegarde des intérêts de la nation, est pour nous la composante sociale par son nombre, qui peut le mieux possible diriger la Transition.      

 

L'autre avantage sera la mise à l'écart de la Société Civile après la Transition dans le laboratoire politiques congolais réservé aux politiques. Ainsi, la Société Civile avec tous les autres groupements idéologiques constitueront les garde-fous de la nation.

 

Toujours sur base de neutralité, la Société Civile est l'organe qui semble le mieux placé à pouvoir négocier les départs de toutes les troupes étrangères présentes dans notre territoire. Car aujourd'hui, il est prouvé que certains partis politiques belligérants sont liés par des contrats signés ça et là, et non seulement avec les pays qui leur sont d'une manière ou d'une autre, venus en aide, mais aussi avec certaines entreprises multinationales.

 

Le fait qu'ils doivent momentanément se retirer de la scène politique congolaise, va certainement et carrément les libérer de tous ces liens et de la férule de leurs alliés. Ainsi, la Société Civile pourra négocier ces départs et, nous comprendrons les réels mobiles de leurs engagements bellicistes dans notre pays.           

 

Autre avantage tient du fait que c'est une composante neutre qui va diriger la Transition, les membres du régime devront eux aussi s'atteler à la mise en place de leur parti politique. Car ils ne doivent plus être le camp qui chapeaute les rencontres politiques du pays. D'où l'extrême importance de laisser la Transition entre les mains de la Société Civile congolaise.  

 

Après avoir énuméré toutes les possibilités et effectué plusieurs combinaisons et d'arrangements pour une Transition durable, un et une seule combinaison nous apparue réalisable pour une transition neutre et efficace : que la Transition soit laissée entre les mains de la Société Civile du Congo.    

 

Mais, puisque pour certains, il faut récompenser leurs efforts, pour eux, il est exclu qu'ils ne participent pas à la Transition. Je crois qu'en politique, il doit pas exister une solution unique. Il faut un plan B, C, D et voir plusieurs si nous voulons aboutir à une solution qui satisfasse tout le monde, du moins, la majorité. 

 

            Schéma 2.

 

Dans la mesure où il est difficile de choisir aujourd'hui l'homme qui va gérer cette période, la mise en place d'un Collège de Présidents sans fonction à la tête du pays. Et que la Transition soit laissée à un Premier ministre issue ce l'Opposition politique qui dirige la Transition.

 

Quant à la proposition de celle, toutes les forces vives de la nation devront lui soumettre les candidats ministrables. Et ce sera en âme et conscience que le Président légitimé composera selon une répartition équitable des postes ministériels entre toutes les composantes le gouvernement de transition. 

 

L'avantage d'un premier ministre est usité ici quant aux problèmes techniques liés à la localisation des cabinets présidentiels et le fonctionnement de ceux-ci dans la Capitale même. Mais aussi le déplacement et les conditions de travail des membres de Mlc et Rcd à Kinshasa. Dans cette configuration, tous les belligérants pourront rester dans leurs fiefs respectifs. Et automatiquement la question de sécurité ne se poserait pas à Kinshasa.  Ce schéma aussi semble  susceptible de résoudre bien de problèmes.

 

            Schéma 3.

 

Sachant que les belligérants sont incapables de se regarder dans les yeux, il est aberrant et dangereux de proposer un schéma qui les mettrait tous ensemble. Je vois mal Jean-Pierre Bemba, Adolphe Onusumba et Joseph Kabila fassent des efforts surnaturels pour diriger ensemble la Transition congolaise. Ces hommes ne sont pas compatibles. Par conséquent, je propose que ces derniers se choisissent chacun une personne au sein de leur mouvement respectif qui puisse les représenter au Collège des Présidents.

 

Et je maintiens la nomination du Premier ministre avec la même procédure de formation du gouvernement de transition consensuelle. Ces numéros 2 peuvent faire des efforts pas forcément naturels pour collaborer, même si nous saurions tous qu'ils seront, je m'excuse pour cette formulation : tenus en laisse. Dans ces conditions, nous pourrions faire des avancées historiques. Ou encore que les présidents des mouvements gardent leurs postes, mais ne participent pas à la gestion transitoire du pays.    

 

Schéma 4.

 

Il s'agit de la mise du Congo sous tutelle des Nations unies. Ce schéma est évitable, mais à condition que ceux qui se disent congolais, pensent peuple avant de penser à leurs ambitions maladives.  Ils nous éviterons l'humiliation totale, comme si nous sommes déjà pas humiliées déjà et assez.  

 

Par rapport à tous ces schémas, un seul est à craindre : que les belligérants soient tous mis à la tête du pays pour la Transition. Alors là, nous verrons comment cette présidence collégiale se transformera en un ring de boxe dont la catégorie des boxeurs ne sera pas prise en compte. Attention danger ! Coeur sensible, s'abstenir. Ce schéma risque de poser plusieurs autres questions qu'il va en résoudre.

 

C'est à vous de voir si l'un de ces schémas peut d'une manière ou d'une autre apporter ma modeste contribution à la recherche de la paix.

 

b. La durée de la période transitoire

 

La durée de la transition, doit être la plus courte possible. Nous avons pensé à 12 mois pour la gestion du pays et 6 mois pour les préparatifs des élections. Donc la durée de 18 mois est largement suffisante.

           

            - Raisons :

 

Le pays est dans un tel délabrement qu'il faut du temps pour reconstituer ses structures et panser les blessures. Deuxièmement, tous les partis politiques seront mis sur le même pied d'égalité, car le pouvoir sera incarné par un organe apolitique.

 

            - Craintes :

 

La crainte à ce niveau est de voir une Transition longue et périlleuse si elle est dirigée par les politiques. Car le goût du pouvoir va inciter le prolongement de la Transition. Nous devons faire en sorte que le plus rapidement possible, le peuple se choisisse la personne qu'il faut et à  qu'il va mandater le pouvoir pour la reconstruction du pays.

 

            - Avantages :

 

La durée est beaucoup plus raisonnable. En dix-huit mois, il est tout à fait possible que l'on puisse organiser le pays de façon à ce qu'il puisse accueillir des institutions démocratiques et le nouvel ordre politique. La mise en place le plus rapidement d'un Gouvernement élu, celui qui va gérer définitivement le pays selon la durée et les prérogatives que le peuple congolais va lui conférer. 

 

c. La sécurité pendant la transition

 

Je ne veux pas aller par quatre chemins en cherchant des formules miracles. La sécurité pendant la période transitoire doit être assurée par une force internationale. C'est regrettable, mais c'est ainsi. Ce n'est pas pendant la courte durée de la Transition que le Congo va se doter d'une force armée. C'est impossible.

 

Les schémas 2 et 3 sont peut-être plus difficiles à mettre en place. Ils peuvent garantir avec moins de risques une transition efficace. Par ailleurs, le choix délicat de la Société Civile comme gérante de la Transition pourra énormément libérer les gens et faciliter le déploiement d'une force de paix internationale. Car si l'une des parties belligérantes prend la direction de la transition, l'envoi d'une force étrangère soulèvera certaines questions importantes, notamment le parti pris, dans la mesure où dès la prise d'armes qui conduisit à la seconde rébellion, certains pays d'Afrique avaient manifesté leur soutien aux autorités de Kinshasa, mais aussi à celles de l'Est, ensuite du Nord.     

 

D'où l'importance d'exclure dans cette force de paix, même si elle ne sera composée que des troupes africaines, toutes les troupes dont les pays ont pris part à la guerre. C'est-à-dire les 5 pays africains les plus impliqués, notamment les troupes libyennes et tchadiennes.  Cette même force devra rester au pays tout au long de la transition, et voire pendant la propagande et les élections futures. Elle sera la même force qui supervisera le bon déroulement des élections et assurera la sécurité de tous les candidats.

 

Le choix de la Société Civile qui me paraît la plus plausible, se révélera encore une fois efficace ici, car la Société civile pourra le plus rapidement possible prendre contact avec les officiers et sous-officiers congolais afin de baliser le terrain pour la mise en place d'une nouvelle force et non la fusion de trois forces présentes au pays. Même si la fusion est inévitable, elle doit s'opérer après, elle doit être la dernière étape dans la formation de la nouvelle armée congolaise.   

 

Ce sera aussi pendant la transition, que l'on vérifiera les modalités de la création de la nouvelle armée congolaise, même si cette compétence doit exclusivement être réservée au Gouvernement qui sera élu car légitime, lequel devra non seulement nommer les responsables de l'armée, mais aussi présenter sa vision sur la future architecture militaire du pays.

 

Toujours pendant la transition, le Gouvernement transitoire ce avec l'aide des Nations Unies, vont désarmer les bandes armées. Les enfants, ils seront insérés dans la vie sociale, les adultes qui voudront rester dans l'armée, vont le faire d'une manière volontaire. Et la durée de 18 mois paraît idéale pour mener ces différentes actions.

 

Il est exclus, pour la formation de la nouvelle armée congolaise, de fusionner les trois forces armées de circonstances. Une armée doit être disciplinée. Et les bandes armées qui se sont battues au Congo, ne sont non seulement pas disciplinées, mais n'ont pas été formées. Une formation militaire nécessite une longue durée. Ce n'est pas en six petits mois que l'on devient officier.

 

Il faut aussi savoir que certaines personnes et surtout d'enfants, ont été de force enrôlées dans différentes armées. Demain il faut préparer leur socialisation, et cela exige une bonne préparation. Ils doivent réapprendre à vivre leur adolescence violée, reprendre leurs jouets troqués contre des armes en vrai. Il faut leur laisser le possibilité de faire un choix rationnel. S'ils voudront rester dans l'armée, ils doivent attendre avoir au moins 18 ans, pas avant. Pour les adultes qui ont combattu de part et d'autre, à eux aussi, il faut leur laisser le choix d'intégrer les forces armées ou redevenir civil. L'entrée dans l'armée doit se faire sur base volontaire et non forcée.  Quand on parle de la sécurité, il faut parler de tous les outils de la défense nationale. La Police nationale, la Gendarmerie nationale et voire le Service Secret. On ne parle que de l'armée. Autrement dit, toutes les forces parallèles montées et préparées pour les lancer aux trousses d'opposants et de journalistes indépendants vont rester opérationnels.

 

Nous devons préciser et insister sur leur dissolution, car elles ont été fabriquées et mises au service des individus. Il faut s'attendre à beaucoup de problèmes que la fusion de ces trois forces et les autres forces armées marginalisées va poser. C'est évidemment l'insertion des troupes dans la vie sociale dont il est question. Si nous nous y prenons mal, nous allons mettre à mal cette Transition et avec elle l'espoir de notre peuple. Et les problèmes ne vont pas s'arrêter à ce niveau, loin de là.

 

            Comment répondre à ces questions :

 

            - Où localiser cette nouvelle force fusionnée ?

            - Qui en serait le Commandant en Chef ?

            - Quel effectif ?

            - Quel armement ?

            - Quelle organisation ?

            - Quel solde ?

            - Quelle attente entre elles ?

 

Le temps de discutailler comme nous en avons l'habitude, les militaires vont s'entre-tuer entre eux. Ce qui me fait croire qu'au lieu de résoudre cette question, qui est d'une importance capitale, car nous connaissons tous le rôle et la place de l'armée en Afrique, nous allons "fabriquer" d'autres problèmes qui vont rendre cette Transition difficile et mouvementée alors que nous la voulons la plus paisible possible. Ceci peut démontrer qu'il faut un temps pour préparer toute cette réforme.      

 

Je me limiterai à cette unique proposition pour l'instant car une étude sur la réforme de l'Armée congolaise, que nous avons baptisé : les FRANC (Forces Républicaines et Armées Nationales Congolaise), est en préparation et elle sera soumise à l'appréciation de la classe politique au moment opportun. 

 

            - Propositions :

 

1. La création d'une Commission militaire mixte, comme prévue aux accords de Lusaka, dirigée par les Nations Unies, de façon à ce qu'après les élections, le Gouvernement élu ait rapidement la possibilité d'entamer selon sa propre vision, la réforme de l'armée nationale.

 

Outre cette proposition, nous soumettons à l'Assemblée du Dialogue notre vision sur la formation d'une nouvelle armé congolaise. Nous l'avons établie en cinq phases que voici :

 

            1. La signature d'un accord de principe entre tous les chefs de bandes.

 

            Ces derniers doivent accepter qu'ils sont tous incapables de reprendre les territoires perdus ou conquérir tout le pays. C'est une vérité indéniable aujourd'hui. Alors pourquoi figer la situation au moment où les conditions de vie du peuple ne fait que se dégrader ?

 

            2. Le désarmement d'enfants soldats.

 

Cette deuxième phase va faciliter le démembrement de toutes les bandes armées. Il est connu que la moitié de ces trois forces est composée des mineurs d'âge. Ainsi l'effectif va considérable baisser. Avec cet effectif diminué, il deviendra cette fois-ci impossible de reprendre les armes.

 

            3. L'intégration sur base de volontariat dans la nouvelle armée.

 

Une proposition doit être faite à l'endroit de tous les majeurs présents dans les trois forces. Ils auront le choix entre réintégrer la nouvelle armée en préparation ou retourner à la vie civile. Il est certain, là aussi une diminution d'effective va se réaliser.

 

Et ceux qui vont décider de réintégrer la nouvelle armée sauront dans quoi ils s'engagent. Il faut leur laisser le choix. Car ils ont vécu beaucoup d'atrocités, ils doivent choisir eux-mêmes ce qu'ils veulent. On pourra aussi intégrer les ex-Faz et les combattants Maï-Maï volontairement dans cette nouvelle armée.   

 

            4. Le recrutement des volontaires à travers tout le pays.

 

            Il s'agira de lancer un appel à d'autres individus qui voudront entrer dans l'armée. Ceux qui vont s'enrôler en ce moment là, ils le feront en âme et conscience. Car beaucoup ont été enrôlés de force. Après examen, les autorités décideront des individus aptes à intégrer la nouvelle armée du pays.      

 

            5. La composition finale de tous au sein d'une même armée.

 

C'est ici que nous pouvons parler de fusion de toutes les bandes armées, mais pas avant l'identification et le choix de tous ceux qui ont fait la guerre. Avec leurs compatriotes recrutés et d'autres qui sont éparpillés un peu partout dans le monde, ils constitueront un tout organique pour la création de la machine de "guerre de notre pays". Ainsi, il deviendra possible de les éduquer, les former, les instruire et les discipliner, les payer et les équiper conséquemment.     

 

L'avantage ici, c'est évidemment la formation d'une armée forte et préparée dans sa mission principale, celle de garantir la sécurité nationale. Cette démarche réaliste et volontariste peut être appliquée pendant la Transition. Et comme mentionné plus haut, le futur gouvernement élu, aura déjà une idée et un effectif en hommes pour monter une armée nationale et républicaine.  

 

La question d'officiers. Il est connu qu'il n'y a pas eu anciens et nouveaux officiers au Congo. Certains ont été repris et d'autres pas. Nous n'allons pas nous attarder à ce débat. Tous les officiers et sous-officiers congolais se connaissent. Leur laisser le champs libre serait affaiblir notre armée. Ils doivent tous passer un ou plusieurs examens médicaux et/ou physiques. Les plus aptes réintégrerons la nouvelle armée et les inaptes, seront utilisés pour d'autre fins, les tâches administratives, par exemple.

 

La nomination des plus aptes doit être soumise au Parlement de transition, seul organe habilité à organiser toutes activités du pays. C'est encore ici que le choix de la Société civile est sans équivoque. Par sa neutralité, elle est l'organe qui peut à ce niveau aussi, résoudre cette question très ambiguë.  

 

d. La législation pendant la Transition

 

Il est aujourd'hui impossible d'organiser des élections législatives au Congo pour la composition d'un Parlement. Bien entendu, on ne recourra pas aux différents parlements cooptés et composés normalement. Un parlement doit être élu ! 

 

La situation actuelle ne le permettant pas, le choix de la Société Civile fusionnée avec les confessions religieuses peut aussi s'avérer très utile, car c'est encore elle qui étudiera cette question.  Puisqu'il faut à la fois viser une transition paisible et transparente, nous pensons que seule la Société Civile peut garantir ces deux recommandations. Car tout au long de la transition, nous devons éviter la lutte du pouvoir et faire en sorte que celle-ci se passe dans la clarté la plus totale. La seule façon, c'est la mise du pouvoir hors de l'influence politique.

 

            - Raisons :

 

Parce que les partis politiques ne sont pas solidement implantés dans toutes les régions du pays. Il faut laisser un temps raisonnable aux différentes formations politiques de pouvoir s'installer et installer leurs sièges sociaux dans nos régions. Parce qu'une assemblée nationale ne peut pas être constituée selon des critères fantaisistes. Etant un haut lieu de la rencontre entre le pouvoir et l'opposition, qui est dit le cœur de toute nation, elle doit être élue.

 

            - Craintes :

 

On risque de ne voir que les partis politiques nés de la rébellion obtenir plusieurs voix dans les régions occupées ce, au détriment des autres formations politiques, quoi que... On risque encore d'élire certaines personnes pour l'unique raison qu'elles sont plus connues que les autres ou parce qu'elles sont originaires de différentes régions, alors que politiquement ils sont plus que finis, sinon nulle part !

 

Ce qui est bien, est que l'homme soit élu dans une collectivité où il est originaire et où il a réalisé des travaux pour sa communauté. Mais qui l'avait fait au Zaïre ? Ils ne sont plus de trois. Autrement dit, être élu chez soi, est en soi une bonne chose, mais ceci peut aussi représenter aussi un danger latent, car la majorité de nos partis politiques ont souvent, si pas toujours un caractère ethnique, si pas tribal.

 

Ce qui constitue le plus grand danger que si nous devons aboutir à la création des partis politiques à caractère régional. Alors là, n'allons morceler le pays. De toute façon, présentement on ne peut pas parler de la popularité des uns et de l'impopularité des autres. En effet, être connu, ne signifie pas forcément être populaire. 

 

L'absence des lois qui organisent les activités de partis politiques dans le pays risque de porter préjudice à la paix sociale. Le nombre de partis politiques étant excessif, le risque à ce niveau, est que l'équilibre pouvoir-opposition se penche d'un seul côté. 

 

L'opposition étant une activité non rémunératoire, il y a de fortes chances que les perdants, par crainte de se retrouver dans l'opposition pendant une durée prolongée déterminée part la loi, puissent recourir aux armes. Car, en une année et demi, il n'est pas certain que les quelques acteurs politiques congolais qui ont acquis les mauvaises habitudes pendant les turpitudes actuelles vont sans difficulté s'en débarrasser.

 

Ce sera à la Société Civile congolaise de prouver aux politiciens congolais qu'elle est, au nom du peuple, se mettre d'accord sur le choix de ses membres à la composition de cette Assemblée transitoire.  On pourra même ne parler que de la Constituante. Ceci peut aussi être considéré comme un défi que les politiques lancent à cette composante de la Nation.

  

            - Propositions :

 

1. Mettre en place une Commission paritaire mixte d'une centaine de membres issus de la Société Civile de toutes les régions du pays. Il peut s'agir de dix membres par région. Ainsi, l'équilibre géopolitique sera respecté, et la représentation régionale dans cette assemblée provisoire sera assurée.

 

2. Constituer au sein de la Commission, plusieurs sous-commissions :

 

            - Politique et Institutions ;

            - Justice et Droit de l'homme ; 

            - Santé et Affaires sociales ;

            - Enseignement et Cultures ;

            - Sécurité et Défense nationale ;

 

La Commission paritaire mixte aura pour compétence entre autres : l'élaboration des lois pendant la Transition, le contrôle de la politique gouvernementale, l'organisation effective des élections futures, l'organisation et la surveillance du déroulement des élections, l'organisation du décompte des bulletins de vote et proclamation des résultats.

 

La Commission paritaire mixte ne sera dissoute qu'une fois un Parlement élu est mis en place. Ceci va permettre à la Nation de continuer son bout de chemin le temps que les activités des partis politiques deviennent une réalité socio-politique. On peut déterminer leur mandat au Dialogue. Il peut être de deux ans le temps d'organiser les premières élections législatives libres et démocratiques.  

 

e. La Justice pendant la Transition    

 

Pendant la transition, l'appareil judiciaire congolais doit être dirigé par la même magistrature en place. Il ne sera pas question de toucher à ce pouvoir. Mais seulement, il faudra lui témoigner une indépendance totale.

 

Les magistrats devront maintenir leurs fonctions et poursuivre normalement leur travail tout au long de la Transition, en attendant qu'un gouvernement légitime soit mis en place.  

 

Ainsi, la justice ne subira plus d'influence politique ni militaire. Elle mènera sa mission à sa guise tout en étant totalement indépendante. Celle-ci étant les prémices de la création d'un Etat de droit que l'on a toujours souhaité au Congo.

 

5. Organisation des élections libres et démocratiques

 

 

Malgré la durée proposée pour la transition, il est vrai que l'organisation des élections présidentielles et non législatives, va malgré tout poser certains problèmes techniques logistiques entre autres :

 

            1. Le Recensement

 

Il est aujourd'hui impossible de recenser toutes les populations congolaises et les différencier des étrangers qui vivent et se fondent parmi le peuple congolais. D'une part, les moyens techniques et le personnel qualifié sont manquants, et d'autre part, ce sont les moyens financiers qui risquent de poser d'énormes problèmes.

 

L'administration locale, sinon régionale, est quasi virtuelle malgré la présence de part et d'autre de quelques formes de structures administratives. Des infrastructures pour accéder à de lointains villages sont en manque, sinon impraticables. Sur le plan social, rares sont les moments où une naissance est signalée et enregistrée à nos communes. A Kinshasa, on peut encore discuter. Mais dans régions, c'est carrément impossible. 

 

Avec ces quelques arguments, il semble évident que nous ne pouvons organiser des élections dans notre pays, en tout cas pas avant qu'une certaine structure et infrastructure soient mises en place. Or la situation actuelle appelle aux élections.

 

Par ailleurs, utilisez ces arguments pour éviter la voie des urnes, c'est faire preuve de mauvaise foi. L'idée de grands électeurs comme certains le pensent tout bas, comme aux Etats-Unis est à rejeter. Nous devons comparer les choses qui sont comparables. Les Etats Unis est un Etat, le Congo ne l'est pas encore ! C'est un territoire délimité dont les murs sont menacés par ses voisins. 

 

            2. Les documents ad hoc.

 

La carte d'identité, les photos passeports, les bulletins de vote, etc. Il en faudra combien ? De quelle qualité ? De quel modèle ?

 

Ceux-ci sont les vrais problèmes qui vont se poser demain. Mais dans l'immédiat, il y a moyen de les contourner, non pas parce qu'il absolument aller aux élections, mais cette situation, les conditions dans lesquelles vivent nos populations doivent nous interpeller.  

 

            - Propositions :

 

1. Il faudrait lors de l'élaboration de la Constitution, insister sur le fait que le vote qui donnera le pouvoir au Président de la République, ne sera pas obligatoire, mais libre.

 

En tout cas pendant un certain temps, le temps que la majorité de la population apprenne que le vote est aussi une fonction électorale.

 

2. Installer dans toutes les grandes villes du pays un bureau de vote provisoire, avec comme mission d'informer, car l'information sur ce qui va se passer dans un délai de 18 mois doit circuler.

 

Ces populations devront déjà se prémunir d'une carte d'identité, même sans photo passeport et le moment opportun, s'inscrire pour le vote : une personne, une carte, donc une voix.

 

3. Faire intervenir la notion de citoyenneté, car l'idiotie flagrante est sans influence sur le droit de vote. Ce qui implique dans la règle générale, un niveau intellectuel (légèrement) élevé pour être sûr que la personne ne sera pas influencée dans son choix.

 

Les restrictions vont concerner entre autres :

 

            - Age de vote : 18 ans