Mars, souviens-toi ne-kongo.
Joseph Kasa-Vubu et Massamba Debat étaient
Ne-kongo, avec Augostinho Neto, ils ont laissé des traces indélébiles dans
l’histoire de l’Afrique. Si l’un est traité de tous les mots plusieurs années
après, l’autre est assassiné lâchement au lendemain de la mort de Marien
Ngouabi.
Une certaine opinion
laissait entendre que Massamba Debat était sur le point de reprendre du service
car le Commandant Marien Ngouabi se préparait à quitter le pouvoir. Selon des
mêmes sources, Marien Ngouabi pensait que le choix d’un de ses prédécesseurs ne
serait pas une mauvaise chose. Ainsi
sentant la fin des temps de privilège arrivé, plusieurs membres de la haute
direction de l’armée congolaise de l’époque décidera d’éliminer physiquement M.
Ngouabi, Massamba Debat et autre…. le Cardinal Byayenda et de fait empêcher aux
civils de revenir au pouvoir.
Le retour des civils au
pouvoir aurait peut-être permis aux Congolais de prendre la gestion de leurs
ressources avec beaucoup d’aptitudes et un peu plus de cœur.
Joseph Kasa-Vubu était un
honnête homme, il croyait en l’avenir du Congo Démocratique. Il savait qu’il ne
pouvait se faire qu’en donnant aux provinces la possibilité de gérer le
quotidien, de gérer son quotidien. Il y eut la guerre civile et le coup d’État
de Mr Mobutu pour revenir là ou tout devrait commencer, c’est-à-dire la
construction d’un semblant État.
Est-ce que Kasa-Vubu est
arrivé au pouvoir trop tôt?
Il m’arrive souvent de
croire que peu des gens autour de lui comprenait vraiment sa démarche et
surtout sa manière de travailler. Il disposait d’une maturité parfois étonnante
qui fit même qu’à certain moment, il fallait passer outre la constitution pour
dépasser le statut quod et cela pour privilégier l’intérêt supérieur de la nation.
Massamba Debat et Joseph
Kasa Vubu sont morts tous les deux au mois de mars, un par assassinat et
l’autre par suite d’une maladie. Les dernières enquêtes laissent croire
aujourd’hui que Kasa-Vubu aurait vécu plus longtemps n’eût été le comportement
à peine compréhensible du ministre de l’Intérieur de l’époque, du président
Mobutu et de ses collaborateurs qui avaient refusé de le laisser partir se
soigner à l’extérieur du pays.
Kasa-Vubu et Massamba
Débat ont milité pour la création d’un certain type d’État, des états dirigés
par un pouvoir qui respecte un certain nombre de priorité, à commencer par les
droits les plus essentiels comme la santé, l’éducation, la nutrition et le
logement.
Aujourd’hui, les pays que
nos deux aînés ont aidé à poser la première pierre vivent des crises qui
menacent sérieusement leur existence. Ainsi, quand des épidémies comme le virus
Ebola ou le Sida les accablent, on se dit parfois que la fin est vraiment
proche à moins d’un miracle, d’un vrai miracle.
Le miracle malheureusement
n’a pas l’air d’arriver. La forêt reprend son territoire, la nature reprend ses
droits et la culture est devenue une denrée rare. On reparle du cannibalisme!
Des maladies qu’on croyait avoir vaincu reviennent en force. C’est le cas de la
variole, de l’hernie externe, de la maladie du sommeil. Il est clair qu’en
arrêtant d’investir en santé, les gouvernements ont failli à leurs missions les
plus ignobles. Pour se soigner, il faut revenir à la bonne vieille médecine des
grands parents. Celle-ci n’ayant pas réussi à résoudre le problème du dosage,
ainsi que celui des véritables propriétés pharmacologiques de plantes et
racines.
Les hôpitaux sont devenus
des mouroirs, vous y entrez pour une malaria et y sortez avec une typhoïde ou
encore une hépatite C.
Et que dire de
l’éducation?
Depuis plusieurs années,
l’état s’est désengagé continuellement de l’école. Le résultat est que tout est
tombé en morceau. Tout est en lambeaux. Or on sait que l’avenir d’un pays se
mesure par sa possibilité d’éduquer et d’instruire sa jeunesse. Les rues des
grandes villes jadis remplies d’écoliers, nous présentent aujourd’hui des
spectacles désolants. Des jeunes non accompagnés quémandent du pain pour
survivre auprès des adultes, eux-mêmes incapables de s’occuper de leurs propres
progénitures. Ceux qui peuvent aller à l’école, ils sont dans des classes
pleines à craquer, enseignés par des professionnels impayés depuis des années
et consciencieux de chercher à apporter leur pierres pour l’élaboration d’un
monde meilleur. Ils savent que leur mission est plus que prophétique. Le seul
problème est qu’ils sont peut –être les seuls avec les femmes qui se battent
corps et âme pour redonner espoir à des pays que tout le monde voudrait bien
voir disparaître.
C’est un véritable recul.
Londa Mavungu, Montréal,
Canada.