Hommage à Massamba Debat
Le 25 mars 1977 était assassiné le Président Alphonse MASSAMBA-DEBAT. Sous le prétexte d’assurer sa protection, il avait été conduit à l’état major dans les heures qui ont suivi la mort du Président Marien NGOUABI ; Après avoir été torturé, il fût mis à mort dans des conditions particulièrement atroce relevant de la sauvagerie et de la barbarie. Il est à ce jour sans sépulture.
En le réhabilitant, la conférence nationale souveraine a démontré qu’il n'était en aucune façon responsable de la mort du Président Marien NGOUABI, avec qui il s’était entretenu de manière non conflictuelle sur la déliquescence de l’état, de l’administration, de l’économie et des finances publiques. Il n’a jamais été le commanditaire des assassinats en 1965 de POUABOU, MATSOKOTA et MASSOUEME.
Alphonse MASSAMBA DEBAT reste dans notre histoire, celui qui a assuré à notre pays un essor économique. Durant son mandat, des usines furent créées, des écoles et des hôpitaux construits. L’administration fonctionnait encore selon les principes rigoureux instaurés par les colons. Nul ne peut contester la probité morale et l’honnêteté de ce fils du Pool. Voila un président qui dans l’exercice de ses fonctions, construisit sa maison en sollicitant un crédit à la défunte BNDC ; un président qui reversait au trésor les fonds non utilisés alloués à la Présidence de la République.
Basée sur l’exploitation du Bois, de la potasse et sur l’agriculture, l’économie congolaise était prospère. Le budget de l’état était excédentaire ; le trésor public avait des réserves en or et en ivoire.
Malheureusement, son mandat fut marqué par les turbulences de la jeunesse du MNR et la volonté de la majorité de ce parti à opter pour le régime marxiste léniniste. En tant que fervent chrétien et conscient de nos réalités socioculturelles, lui, prônait le socialisme bantou. Sous l’impulsion des jeunes militaires, les contradictions au sein de la classe dirigeante qu’il n’a pu maîtriser le conduire à démissionner. Lui aussi nous avait mis en garde : "mbô lu sikila bilahuki n'saki"
Nombre de congolais, de fils et filles du Pool vivent comme une tragédie, l’absence de sépulture d’un homme qui au-delà des honneurs dus à sa fonction, a droit avant tout à sa dignité de simple mortel. La conférence nationale souveraine n’a pu hélas délier les langues des auteurs et témoins encore vivants de son assassinat.
Butsiele n’attend plus rien de ceux qui ont ordonné sa mise à mort, ceux qui continuent de mentir sur les conditions de sa détention, de son exécution et du devenir de ses restes, ceux qui ont pillé la richesse qu’il avait constituée pour ce pays. Kani ka bwé !
(Extrait de Butsiele n°4 mars /2001)