Ellipse:  Sony   Labou   Tansi

1947- 1995

“ le   Molière  noir “

 

 

 

 

 

De  son vrai  nom, Ntsony  Za Buta Ntsi  Marcel, Sony Labou Tansi  fut considéré comme  le deuxième plus grand dramaturge d’Afrique noire après le Nigérian  WOLE   SOYINKA.

 

Né à Kimwanza dans l’ex-Zaire (Rdcongo), le 5 juillet 1947 de père Zaïrois et de mère du congo-Brazzaville, il fut l’aîné d’une famille de 7 enfants et très tôt , il dégageait l’image d’un enfants nourri par le complexe  d’être né d’une deuxième femme, enfant qui a été l’objet de conflits entre son père et la famille de sa mère à la quelle il appartenait conformément à la culture des Kongos.

 

À l’age de 12 ans il se retrouve dans le milieu familial de sa mère de l’autre coté du fleuve ou il fut envoyé à l’école française. Il subit un choc car il avait commence sa scolarité dans l’ancien congo-belge (Zaire) ou l’enseignement se faisait en langue maternelle.   

 

Il compléta son éducation  à l’école normale supérieure d’Afrique centrale. Il prétend avoir écrit son premier roman quand il fut en classe de troisième en 1966, il s’intitulait :  LE PREMIER PAS ; où  il relatait les souvenirs de son enfance. Mais à l’époque les éditions du seuil avait refuser de le publier prétextant qu’il y manquait du travail.

 

EN 1971 il est enseignant de Français et d’Anglais au collège PIERRE TCHICAYA à Pointe Noire. Ensuite, il travailla au ministère de la culture et des arts au Ministère de la Coopération.  En 1979, il crée LE ROCADO ZULU THEATRE et la même année, il commence à écrire sérieusement. Il publie sa première nouvelle :  LA VIE ET DEMIE qui obtint   LE PRIX SPECIAL DU FESTIVAL DE LA FRANCOPHONIE.

 

En 1992, il adhère au MCDDI (parti politique dirigé par Bernard Kolelas) et devient un membre très actif de ce parti. Il deviendra même un très  proche collaborateur du leader (Bernard Kolelas). Sony Labou Tansi devient le secrétaire nationale du Mcddi chargé des relations extérieures. Il fut élu  député (Assemblée nationale) de Makelekele au Sud de Brazzaville. Il était aussi Conseiller municipal de la ville de Brazzaville quand Bernard Kolelas fut le maire de brazzaville.

 

A cause de ses activités politiques, son passeport  fut retiré sous le régime de Pascal Lissouba. Souffrant du sida, il ne put obtenir pendant  une longue durée des soins médicaux appropriés. Après une période d’hospitalisation à Paris, il se lança dans la thérapie de la médecine traditionnelle africaine, il mourut le 14 juin 1995 à Foufoundou avec sa femme Pierrette.

 

Son oeuvre est immense et il a obtenu plusieurs prix dont le Grand Prix littéraire de l’Afrique Noire pour  LANTE-PEUPLE(ROMAN), la palme de la francophonie en 1985 pour  LES SEPTS SOLITUDES DE LORSA LOPEZ(ROMAN) et en 1988 le prix de la fondation ibsen.

 

Ses autres oeuvres furent :

·        LA PARENTHESE DE SANG(THEATRE),

·        CONSCIENCE DE TRACTEUR(théâtre) ,

·        L’ETAT HONTEUX(roman)  ,

·        JE SOUSIGNE CARDIAQUE(théâtre),  

·        UN CITOYEN DE CE SIECLE(roman),  

·        ANTOINE M’A VENDU SON DESTIN(théâtre), 

·        MOI VEUVE DE L’EMPIRE(théâtre),

·        LE COUP DE VIEUX(roman),

·        LES YEUX DU VOLCANS(roman) ,

·        QUI A MANGÉ MADAME D’AVOINE BERGHOTA(théâtre), 

·        LA RESSURECTION ROUGE  ET BLANCHE DE ROMEO ET JULIETTE(théâtre) , 

·        UNE CHOUETTE PETITE VIE BIEN OSEE(théâtre),  

·        POEMES ET VENTS LISSES(poèmes), 

·        LE COMMENCEMENT DES DOULEURS(romans),

·        LA RUE DES MOUCHES(théâtre),  

·        MONOLOGUES D’OR ,

·        NOCES D’ARGENT(théâtre),

·        QU’IL LE DISENT… QU’ELLES LE BEUGNELENT(théâtre)

 

SONY LABOU TANSI  fut boursier de la FONDATION BEAUMARCHAIS en 1990, en résidence d’écriture au FESTIVAL INTERNATIONAL DES FRANCOPHONIES EN LIMOUSIN, toutes ses pièces de théâtre furent représentés au Congo et certaines d’entre elles furent jouées a l’étranger ( BANGUI, KINSHASA, DAKAR, BORDEAUX, PARIS NEW YORK…) dont 4 coproductions au Festival des francophonies dans le Limousin

 

L’OEUVRE DE SONY LABOU TANSI est très profonde, il puisait ses forces dans l’art des conteurs Kongos et l’art du fétiche Nkonde. Il était un ardent défenseur des valeurs kongos. Sa grand-mère semble avoir eu une influence énorme sur lui et c’est d’elle qu’il semble tenir en grande partie sa formation sur les traditions de sa culture.

 

Sony Labou Tansi était protestant mais sa foi était marquée au sceau du syncrétisme et du messianisme kongo. Héritier de la société secrète LEMBA dont il fut un initier.

 

Continuateur de l’œuvre d’André Grenard Matsoua, SONY LABOU TANSI s’est intéressé à la KABBALE et à la philosophie orientale il était représentatif de ces chrétiens du pays Kongos priant Jésus tout en prenant soin d’honorer régulièrement les esprits des ancêtres. Il partageait la conviction de nombreux Kongos d’appartenir à la fameuse treizième tribu d’Israël, la tribu disparue.

 

Ce mystique initié au Lemba, concevait son rôle comme celui du N’zonzi ou de Nganga-ngombo de la société Kongos, une espèce de voyant ou d’intermédiaire entre une réalité spirituelle, celle de son peuple et les hommes.

 

On note aussi chez Sony une inspiration puisée chez : GABRIEL GARCIA MARQUEZ , TCHICAYA UTAM’SI, SHAKESPEAR ET DE SOYINKA.

 

Il met aussi un accent sur l’importance des textes bibliques notamment :

L’apocalypse de St Jean et  Le livre de Job.

 

 

ARSENE  FRANCOEUR  NGANGA

ABERDEEN – ECOSSE (GRANDE BRETAGNE)

 

 

BIBLIOGRAPHIE:

 

·        JEAN MICHEL DEVESA: SONY LABOU TANSI, ECRIVAIN DE LA HONTE ET DES RIVES MAGIQUES DU KONGO. PARIS L’HARMATTAN 1996

 

·        INTRODUCTION à l’œuvre de Sony Labou Tansi par M. CAKABAKULU