Récit d’un Ne Kongo
de la Diaspora Chinoise
dans le Bas-Congo.
Après avoir fait un
petit tour dans le Bas-Congo natal, il est de mon devoir patriotique de vous
relater certains faits dont j’ai été le témoin oculaire. Pour donner plus de vie
à mes propos, j’y joins quelques photos prises sur le terrain.
Le train est en
panne, alors…
Nous
sommes le 30 Janvier 2003, il est 10heures à l’aéroport international de
Beijing, où en compagnie de mes deux amis chinois, nous nous apprêtons pour nous
faire embarquer dans un vol d’Ethiopian airlines à destination de Kinshasa.
Pour votre information, les chinois ont une si mauvaise image de l’Afrique à
tel point que l’Afrique signifie étymologiquement en langue chinoise <Fei
zhou> c’est-à-dire le continent du néant paradoxalement les États-Unis
signifient <Mei Guo> c’est-à-dire un pays merveilleux. Notre lutte en
Chine a toujours été de convaincre les chinois que le continent Africain
n’était pas du tout ce que les médias leur racontent souvent. Ainsi, mes deux
amis à l’instar de Saint-Thomas, profitant de mon retour au bercail pour les
vacances, ont voulu eux-mêmes palper du doigt les réalités de ce fameux FeiZhou
et voir aussi comment y investir.
Après plusieurs scales et plus de 18 heures
de vol, nous arrivions à Kinshasa le 31janvier à 8heures. Pendant que nous
faisions les formalités au niveau de l’immigration, une question troublante à
laquelle je m’y attendais le moins vient d’un de mes
chinois: « pourquoi l’avion a préféré atterrir dans un faubourg de
Kinshasa? Sommes nous à Kinshasa, la capitale de la RDC, oui ou non? Enchaîna-t-il ».
D’emblée, j’ai eu du mal à répondre à sa question mais prenant mon courage à
deux mains, je répliquai en vociférant « c’est bel et bien notre
prestigieux aéroport international ». Heureusement pour nous, ce jour-là,
il n’y a pas eu de tracasseries policières et administratives.
Arrivés en ville, nos amis asiatiques ont été
logés dans un hôtel de la place. Le manque de transport en commun, les coupures
intempestives d’électricité, vente d’eau en sachet (mayi mayi) étaient les
premiers faits qui ont attirés l’attention de nos amis. Ils n’arrivaient pas
comprendre comment une ville de plus 5 millions d’habitants pouvaient être
démunie de transport en commun. Pourquoi n’utilisent-ils pas le vélo pour faire
certaines courses, me suggèrent-ils ?….
Une semaine après, nous avons été invités à
Boma par le directeur du chantier Naval
de l’Onatra. Pour ce faire, nous avons pris un avion petit porteur à
destination de Matadi pour un voyage d’environ 45 minutes. Durant cette petite
randonnée aérienne, à la grande satisfaction de mes hotes, nous avons eu le
loisir de contempler le fleuve Congo dans
toute sa majesté et ses différentes
chutes.
Baobab de Stanley
à Boma
Nos visiteurs étaient
surtout attirés par la verdure de nos savanes et la fertilité apparente de nos
sols. Ils n’arrivaient pas aussi à comprendre comment de si grandes étendues de
terres sont restées presque
inexploitées. Ce gâchis aux conséquences incalculables reste en contradiction
avec la culture chinoise qui considère l’agriculture comme un secteur
prioritaire en dépit du désert qui les menace au Nord et de la non fertilité de leurs sols dans certains endroits.
L’avion atterrit à l’aérodrome de Matadi dont l’état laisse à désirer. Sans
tour de contrôle, pas de salle d’attente pour les passagers, piste d’atterrissage
moyenâgeuses faite en terre battue, l’aérodrome de Matadi ressemble à une
gigantesque case. Les agents d’immigration et autres services travaillent dans
un hangar inachevé sous un soleil de plomb. La question suivante m’est,
soudainement, venue en tête : Le gouvernorat manque-t-il réellement
d’argent pour doter cet aérodrome ne fut-que d’une petite maisonnette digne de
ce nom pour abriter les différents services et
passagers ? je transpirais de honte devant mes amis mais que faire!
A l’impossible, nul n’est tenu. Je ne cessais de me réfugier toujours derrière
l’argument selon lequel la guerre a tout détruit…..Nous sommes arrivés à Boma par route vers 17h. Nous avons été
bien accueilli et bien logés le long du fleuve. Les crevettes, bananes Plantin,
pondu, fufu….étaient au rendez-vous et nos hotes ont vraiment appréciés ces
plats congolais qu’ils dévoraient sans gene au vu et au su de tout le monde. Le
jour suivant , nous avons été reçu par le maire de la ville, Monsieur Joachim
Kwabi Mabiala qui a demandé à nos
chinois d’être les fidèles interprètes auprès de milieux d’affaires
chinois pour qu’ils viennent investir dans la première capitale de la
République Démocratique du Congo. La presse bomatracienne était aussi au rendez
et j’en ai profité pour conscientiser mes compatriotes, au regard de mon
expérience chinoise, à fructifier la
terre afin de s’autosuffir alimentairement. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié
le courage et la détermination du maire, qui en dépit de faibles moyens mis à
sa disposition, organise bien l’administration, la salubrité publique et la police de la ville. Nous avions visité
aussi la résidence du premier gouverneur de l’État Indépendant du Congo, qui
est resté dans un état déplorable que le maire s’attèle à réfectionner.
Ensuite, nous avions visité << le fameux Baobab>> où logea Stanley
lors de ses explorations au Congo et l’épave de la première voiture qui
avait foulé le sol Congolais, importée par un certain Monsieur Fisher un siècle
avant.
Tous ces vestiges pouvaient bien soutenir le
tourisme dans la ville de Boma mais hélas….Comparativement à la Chine qui
encaisse chaque année plus de dix milliards de dollars, uniquement dans le secteur
touristique. Nos amis ont bien apprécié la fraîcheur qui régnait dans le coin
et surtout la qualité du bois congolais au point qu’ils ont fini par acheter un
salon de chaises en bois dur. Car d’après eux, compte tenu de notre climat, il
est aberrant de vêtir nos meubles de tissus qui les rendent encore plus chauds
et par conséquent, incompatible avec la chaleur locale. Paradoxalement, les congolais aiment les fauteuils couverts
de velours. Après notre court séjour à Boma, nous sommes encore retournés à
Matadi d’où nous avions pris le train dit << express>> Kin-Matadi.
C’est qui est regrettable pour un grand pays comme le notre, l’Onatra ne
disposant presque plus de locomotives, chaque semaine, il n’y a qu’un seul
train qui quitte kin vers la ville portuaire le samedi et pour retourner le
dimanche vers la capitale. Nous avions pris le train à 8h avec comme
destination, la cité de Kisantu afin de faire visiter à nos amis le fameux
Jardin Botanique. Malheureusement, chemin faisant, comme vous verrez sur la photo,
le train est tombé en panne vers Songololo. Après vérification par le
mécanicien, on constate amèrement que le machiniste avait mis dans la
locomotive <du Sae de kadhafi> c’est-à-dire de l’huile moteur de qualité
douteuse vendue sur la rue. Nous sommes arrivés à Kisantu tardivement vers 18
heures. Le jour suivant, nous nous sommes rendus au jardin botanique de Kisantu.
Au cours d’une interview leur accordée par la chaîne télé TKM dans le décor du
jardin, nos amis chinois, à ma grande surprise, ont invité leurs compatriotes,
où ils se trouvent, de venir savourer la fraîcheur et le paysage exceptionnel
qu’offre ce paradis Kisantois. Bien qu’il ait perdu une partie de sa beauté et
de son charme, le jardin botanique continue à séduire les visiteurs. Ensuite,
nous nous y sommes retrouvés dans un restaurant sans menu du jour, pour ne pas
attirer l’attention de nos amis sur cette défaillance notoire, je leur ai
proposé de prendre notre rafraîchissement sous les arbres (voir images). Sur la
photo, vous verrez comment, par manque d’entretien, la pelouse pousse d’une
manière sauvage. Nos amis chinois, naturellement, amoureux de l’espace vert ont
eu du mal à quitter le jardin.
C’est à la tombée de la nuit que nous avons
rejoint Kinshasa par route après 1h 30 de route. Sur ce fait, un coup de
chapeau au gouvernement Kabila I pour avoir réfectionné cette route en un temps
record. Alors qu’il y a 4 ans pour le même trajet, en saison de pluies, les
voyageurs faisaient un à deux jours de route à cause de <differents
koweit>. Koweit signifie seulement les différents lacs marécageux qui
engloutissaient la route où une centaine de voitures et camions s’embourbaient
pour en être évacués à tour de rôle par un certain <Diata bao> moyennant
10$. Diata bao est une sorte de grue mobile appartenant à un privé qui venait à la rescousse de véhicules
embourbés. Autour de ces lacs se créaient de marchés lucratifs et de mariage de
fortune en attendant que les véhicules embourbés sortent de cet enfer.
Comme conclusion:
Mes amis ont plus été à l’aise dans le Bas Kongo qu’à kinshasa. S’ils doivent vivre au R.D.Congo, ils opteront pour le Bas-kongo car ils ont été vraiment émerveillés par le paysage, le sol, l’hospitalité et le climat en terre Nekongos. Ils ont promis de sensibiliser et d’encourager les milieux agricoles chinois d’aller investir dans ce domaine au regard de la fertilité de nos sols.
Le pays se meurt par la mauvaise foi des acteurs politiques et surtout par manque d’encadrement de la population par ces derniers. J’ai sincèrement apprécié l’initiative originale d’un certain paysan à Kisantu qui a pu se fabriquer un petit navire de fortune qui lui permet via la grande rivière Inkisi d’évacuer de tonnes de canne à sucre, de sacs de fufu… de coins les plus reculés vers Kisantu d’autant plus que les routes en milieu rural sont impraticables. C’est vraiment une innovation et une initiative à encourager. Car malgré la présence de la rivière Inkisi, il y a toujours eu pénurie de poissons sur le marché kisantois, quel paradoxe?
La balle reste dans notre
camp, à nous de jouer pour sauver et apporter un nouveau souffle à notre chère
province. Autant de défis ou de paradoxes dont la grande et prestigieuse
Diaspora Nekongos est invité à relever !
MAVAKALA KIAZOLUA
BIENVENU
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