Parler Kikongo, une affaire d'état
C'est bien beau de créer une académie de langue Kongo, ou de mentionner Kikongo comme lague maternelle... Mais, en quoi cela changerait-il la réalité actuelle? En quoi une étude sur la langue Kongo pousserait-elle nos jeunes à s'exprimer d'avantage en Kikongo?
C'est un fait indeniable:
- que le kikongo est en perte de vitesse au Bas-Congo au profit de Lingala (et demain qui sait peut être au profit de Swahili)
- que le NeKongo se sent complexé de s'exprimer en sa langue
- que le plus grand pôle d'attraction pour nos jeunes est la ville de Kinshasa, et pour s'y installer il faut aprendre le lingala
- que nos commerçants et nos musiciens doivent couler leurs produits à Kinshasa, ils doivent donc maîtriser le lingala - etc...
Au Canada, nous sommes temoins des moyens utilisés par le gouvernement du Québec pour non seulement promouvoir, mais aussi assurer la survie du Français dans cet océan anglophone qu'est l'Amérique du Nord (le Canada Anglais et les USA). De la Révolution tranquille à la serie des législations (loi 101, affichage dans les commerces, l'immigration, etc...), le gouvernement québecois a pris des moyens frisant l'extremisme, au grand damn des anglophones du Canada.
Est-ce que le gouvernement du Bas-Congo en a les moyens? Certainement!!! Mais est-ce que le gouvernement du Bas-Congo en a le courage (dans le contexte politique actuel)? NON.
Il y a un minimum d'actions que le gouvernement au Bas-Congo doit accomplir, entre autres: - leur site web DOIT être en Kikongo avant tout (et puis en francais, anglais, etc...) - imposer le Kikongo dans le système éducationnel - déclarer le Kikongo comme langue de communication dans la province et que tout Nekongo a le droit d'être servi dans sa langue dans toutes les institutions gouvernementales - redresser le "front" du Nekongo - le Kikongo doit avoir la predominance dans les affichages des magasins, publicités, etc... - a talents égaux, favoriser les entreprises des Nekongo dans l'octroi des contrats gouvernementaux - donner des "incentives & breaks" aux entreprises qui s'engageraient dans la promotion du kikongo - donner des "incentives" aux musiciens/artistes qui afin qu'ils produisent leurs oeuvres en kikongo - organiser des compétitions sur des dissertations en kikongo, etc... - établir un partenariat entre le gouvernement et le secteur privé - etc...
Que pouvons-nous faire en tant que simple citoyen?
Nous avons un devoir non seulement d'apprendre le kikongo, mais aussi de l'enseigner à nos enfants.
Augustin Milandu (Toronto - Canada)