"On ne peut pas aimer l'arbre et refuser ses fruits"

Une culture ou une langue ne peut persister dans une communauté que si elle est reprise comme partie intégrante du système organisationnel qui regit cette dite communauté. Mais au moment où ce systeme organisationnel fonctionne à l'ecart ou en contradiction avec les réalités sociales, culturelles et économiques de la commununauté, l'élément dominant (le système ou la réalité) fini par dominer sur l'autre.

"Fu va lweka lwa kanda, lodo" (un système politique érigé à côté des réalités est un cancer) disent nos bambuta au Kongo Central.

Le Kongo Central depuis plusieurs décenies évolue dans un système politique qui ne prend pas en compte ses réalites socio-culturelles. Pour le besoin soit disant d'unité nationale nous évoluons dans un système qui est en contradiction avec nos valeurs socio-culturelles.

Ça m'etonne même de voir que le nekongo soit surpris que sa culture et surtout sa langue a cédé à celle du système ou de la classe dirigente. Le sort de la langue Kikongo était prévisible et c'est un sort tout a fait normal au moment ou nous sommes régis par un système politique où la survie même depend du rapprochement au pouvoir [ PENE PENE NA MOKONZI].

La disparution de notre langue n'est que le resultat logique du système qui regit le Kongo Central. Un résultat escompté de notre adoption de l'Unitarisme Centralisé comme systeme politique de notre pays. Un système qui politiquement a rendu le Kongo Central comme un faubourg du pouvoir central. Pour survivre le Kongo Central ne peut que se faire Pene pene na Mokonzi.

Moi, je suis un fervent d'un système politique qui "pouvoirise" nos communautés. Un système qui donne l'occasion à chaque communauté de se prendre en charge. Et je trouve qu'un système à caractère fédéral ou un système fortement décentralisé donnera l'occasion de nos communautés de se prendre en charge. Et dans ce processus (de se prendre en charge), chaque communauté saura adapter son administration à ses réalités sociales et culturelles. Une telle adaptation permettra à renforcer le "Kisinsi" de chaque communauté. L'organisation fédérale est une tradition Kongo et qu'il ne faut pas ignorer quand on cherche à rehabiliter la culture kongo.

Je ne dis pas que je suis contre le système unitaire qui regit notre pays depuis des decenies. Ce système a ses avantages aussi tels que :

1) l'emergence à la longue d'une société/nation homogène culturellement (langue et pratiques) car le plus fort va dominer sur les autres.

2) Du moins pour la première fois on parlera d'une culture congolaise et d'une langue nationale en lieu et place de 4.

3)La nation congolaise deviendra à la longue une nation monolithique et monolingue :

TATA BOO MOKO,
MAMA BOO MOKO,
MOKONZI BOO MOKO,
EKOLO BOO MOKO,
MONOKO BOO MOKO,
KOSEKA BOO MOKO,
BILANGA BOO MOKO,
KISINSI BOO MOKO.

J'ai lu beaucoup des suggestions faites au gouvenorat du Bas-Congo (défenseur de l'unitarisme centralisé) je me demande si nos suggestions ne vont elles pas à l'encontre ou ne sont elles pas en contradiction avec le système qui regit le Kongo Central? Ces suggestions pourront-elles être appliquées sans être accusés de séparatiste fondammentaliste Bas-Congo par le pouvoir? Le BDK qui s'est donnée le défi de rehabiliter le KIKONGO (BDK No. 56). La réaction du pouvoir a fait que des BDkistes s'étaient vu massacrée, humiliée, et jeter en prison par les siens. Comment allons nous mener la campagne de la réhabilitation de notre culture et surtout notre langue sans que nous subissons le sort de BDK? Ou sans que nous nous contredisons? ou sans que nous allions a l'encontre de l'emergence d'une nation unitaire?

J'aime toujours penser national et réagir local. C'est ma facon de construire une nation congolaise unie, intègre, solide, stable et prospère.

Nzambi sambula e nsi eto!

Je m'arrête là pour le moment.

Andre Wamba Mfumu Mazinga