S.O.S : La langue Kikongo en perdition ou simplement en voie de disparition !
LA LANGUE KIKONGO SUPPLANTEE PAR LE LINGALA
A MATADI
La Ville de Matadi commence à perdre lentement mais sûrement son Kikongo ya l’Etat » : au profit du lingala. A travers les rues et avenues même dans les bureaux, tout ou presque, se traite et se dit en cette langue que les matadiens considèrent aujourd’hui comme un passeport.
Plusieurs raisons expliquent l’usage de lingala à Matadi notamment la prolifération des sectes religieuses (où les campagnes, prédications et autres témoignages jettent leur dévolu sur le lingala), le complexe d’infériorité ou de supériorité (selon le cas), les chansons mondaines, la culture de la facilité …
Le locuteur de la langue « Kikongo » au niveau de Matadi ou de Boma se voit diminué devant quelqu’un qui parle lingala. Dans des milieux ruraux lointains, la langue lingala prend de l’ampleur. Bien que constitutionnellement, le Kikongo, le lingala, le tshiluba et le swahili soient les langues nationales avec le français comme langue officielle, chaque partie de la République Démocratique du Congo est liée à l’une d’elles. Malheureusement, le kikongo ya l’Etat s’éloigne de son environnement. Même ceux-là qui ne sont pas nés à Kinshasa, ou qui n’y vivent pas, préfèrent parler le lingala comme si c’était condamnable et préjudiciable de s’exprimer en kikongo à Matadi.
S’il est vrai qu’un peuple s’identifie à travers sa langue maternelle. Par quoi s’identifie le peuple mukongo actuel si seulement si sa jeunesse, l’avenir de demain, commence par combattre l’élément de son identité culturelle.
Le mukongo doit mener une lutte justifiée, c’est celle de valoriser la langue kikongo partout où il est. La Ville de Matadi quoiqu’on dise, est kikongophone.
Si les missionnaires blancs venus au Congo ont évangélisé les congolais dans le Bas-Congo par exemple, ils avaient compris qu’ils devraient d’abord maîtriser la langue du « milieu », et c’est ce qu’ils ont fait.
Lorsque Gosta Stenström, un suédois, fait l’éloge de la langue kikongo en se félicitant de l’avoir apprise et en la vivant comme si elle était une de ses langues maternelles et en affirmant que cette langue a une mélodie de mots et de phrases qu’il n’a rencontrée dans aucune autre culture, ce constat est une interpellation pour le peuple mu- kongo, propriétaire de cette langue. N’est-ce pas que le premier journal paru en RDC fut écrit en kikongo. C’est le fameux Minsamu Mia yenge (traduisez : le message de paix) datant de 1892.
Dans une des interventions, le Vice-Gouverneur de Province, Madame Marie-Madeleine MIENZE KIAKU avait fustigé avec force la disparition lente mais sûre du kikongo tant en ville que dans les villages. Avec cette éventuelle disparition, c’est tout un peuple qui meurt. Tous les peuples jalousent leurs langues. Le peuple mukongo semble-t-il être distrait et s’est-il enveloppé dans d’autres langues ? Matière à réflexions.
D’autre part, et c’est le comble, le lingala est en passe de remplacer le français dans les écoles de la ville portuaire de Matadi, a-t-on constaté sur place. En effet, sur dix (10) écoles de cette ville, huit ont pratiquement opté pour le lingala qu’utilisent abondamment les élèves et professeurs en plein cours. Dans plusieurs classes débutantes du cycle secondaire, les professeurs, pour masquer leurs insuffisances en français, expliquent carrément les cours en lingala.
Selon l’ACP, si aucune disposition n’est prise pour réimposer le français comme langue d’enseignement, le lingala risque de prendre le dessus dans toutes les écoles de centres urbains du Bas-Congo.
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I moomo nteenge mu site ya Luyaalu ku Matadi.
Weeno,
A. KAVANDAKO.