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Nous vivons nombreux dans un village appelé
Kongo dia Ntotila. ” Muana’a n’kongo wa luengila mu bingana ye mu binsamuna” |
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Ceci est l’histoire de ”ON” avec toi et moi, c-à-d nous ” Muana’a n’kongo wa luengila mu bingana ye mu binsamuna” D’autres laissent <<ON>> agir, souvent par ignorance et
apathie.
Un jour on
est venu chercher Nlongi Simoni
Kimbangu, je me suis dit ce vieux la, moi connais pas. Un autre
jour on est venu chercher Tata Simoni Mpadi, je me suis dit oh la la
même ce vieux là muzaba yandi
ve. On est
revenu chercher Mbuta Philipo
Mbumba, je leur ai dit : je n'aimais pas ce
vieux de Tembo (révolution), je suis un Mundele-ndombe (Evolué). Le jour
après on est venu chercher mon voisin pour le reléguer kuna
ntandu (Haut Congo), je regardais mon pauvre voisin
et je me suis dit : je ne suis pas membre de Kintwadi,
d'ailleurs ce voisin faisait trop de bruit contre batata
ba mpembe. Puis un jour, la nouvelle de la mort
de Nlongi Kimbangu est venue, je me suis dit: il a
servi son temps d'ailleurs il n'était pas un vrai chrétien comme moi. Une semaine
après on est venu chercher Mbuta NKasa, Kanza et Mbuta Masiala, je me suis
dit: aah c'est entre eux les politiciens, je ne
suis pas politicien. On est
revenu nuitamment chercher Mbuta Bikebi. Je me suis regardé au miroir et je me suis
dit : Je ne suis pas communiste. Ce vieux communiste a péché contre l’ O.N.U. et les Fwalama. Ca,
c’est très grave pour lui! Un jour
après on est revenu chercher Buta Mizele Muanda, je me suis dit: ye mpe alekisi, d'ailleurs il
n'est ni mon roi. Une semaine
après, dans la nuit, on vint brutalement chercher les dirigeants de
l'ABAKO. Je me suis dit ba
vieux oyo pe, ils doivent
respecter le pouvoir établi. ABAKO me kufwaka ntama. Qu'on les mette en prison, moi je suis
nationaliste patriote. ABAKO? munu ve! Je suis tribalement
aveugle! Puis, on
vint nuitamment tirer sur les membres-fideles de Bundu dia
Kongo qui célébraient leur Dieu. J'ai regardé à travers ma fenêtre et je
me suis dit : ces fondamentalistes font la honte de notre Congo en guerre.
Ils doivent récolter ce qu'ils ont semé. Moi, je suis nationaliste patriote
s'il vous plait! Deux jours
après on est venu chercher les membres de Bundu dia
Kongo. Une moitié du village est partie avec eux. Moi, devant ma fenêtre
je me suis dit : ces inciviques doivent apprendre leur leçon du nationalisme.
Eux aussi, ils exagèrent. J'ai d'ailleurs pointé du doigt mon autre voisin
qui a voulu se sauver. Une balle a fini par le maîtriser. Je me suis senti un
héros national. |
Ils sont
revenus chercher notre mfumu Mbongi.
Je l'ai regardé par mon oeil gauche et je me suis dit: nous allons élire un
autre qui pourra être national et parler la langue nationale. J'ai même
informé aux intéressés qu'il avait l'odeur rwandais. Une semaine
après on est venu brûler et profaner les écoles et églises de Bundu dia Kongo. J'observais à travers ma fenêtre et
je me suis dit: mes enfants ne sont pas concernés, ils vont a l'école de
notre paroisse et notre église, Dieu merci, qui ne prêchent que l'histoire
des étrangers. On est venu
un jour nous demander de déclencher la chasse aux tsé-tsé pour sauver notre
village de la maladie du sommeil. J'ai fait semblant d'ecouter puis je me suis dit: Tiens, j'ai mes deux musikatela venus de l'Europe ; pourquoi dois-je me
déranger pour ces vieux du coin qui ne font que dormir toute la journée? Ils
n'ont qu’à se débrouiller. Article 15. Moi je suis en bonne santé. On est
revenu cette fois-ci prendre Inga, je me suis dit: peu importe, d'ailleurs
je n'ai pas de l’électricité chez moi. Ma lampe colleman
venu de l'Europe fera la chose. On est venu
introniser un Duki du village. Je me suis dit:
c'est pas mal! Nous n'avons plus besoin de Mfumu Mbongi. D'ailleurs, il était un traître. Il a donne l'eau
et le manioc a un rwandais. Puis un
dimanche, le jour de la messe. Je me suis rendu à la messe où je n'ai plus reconnu
personne. Tous étaient étrangers. Et pour la toute première fois, la messe
était conduite en langue étrangère dite nationale. J'étais le seul dans mon
village à ne pas comprendre cette langue. En route pour chez moi, tout le
village me semblait étranger. Kongo dia Ntotila a
subi une transformation. Il devient National et intègre. Tous les anciens
occupants sont tous partis sauf moi le nationaliste patriote. Deux jours
après, le nouveau Duki convoque une réunion communautaire. J'y
assiste mais constate que la réunion est conduite dans une langue étrangère
et je suis le seul à ne pas comprendre ce qui se disait. Je pose la question
en kikongo, un silence profond se fait remarquer car personne ne m'a compris.
Je suis resté national mais Kongo dia Ntotila l'est
devenu plus. Et puis un
vendredi matin, on vint chercher les Bakongo. Je me suis dit : je suis un
kinois nationaliste et je n'ai jamais été tribaliste. Mes parents étaient bakongo mais ils ne sont plus la. Ils sont repartis sans
rien trouver un mukongo. Mais on est
revenu dans la nuit me chercher. Je me suis dit: TIENS! Inki
Mambu Yayi Huh?? Je me suis mis à crier. J'ai beau crie "munu mfwidi eh, munu mfwide eh, lunsadisa eh !" Personne n'est venue au secours car personne ne pouvait comprendre ce que
je disais. Pourtant le Duki du village à travers sa
fenêtre observait la scène. Je suis parti avec eux quand notre Duki va chuchoter: « N'kongo, il faut azwa mayele! » Kiaku kiaku... |