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Politique Congolaise vs Ne-kongo |
8/2004 |
| Août
2004 |
Qui a peur de Diomi Ndongala ? Par Ntumba Mvemba ) Depuis plusieurs jours déjà, le ministre Diomi, par ailleurs président de la DC (Démocratie chrétienne ), occupe la une des journaux. Apparemment, pour des questions en rapport avec la gestion de son ministère, mais en réalité, c'est pour des raisons politiques que, de diverses manières, ses détracteurs utilisent en vue de lui régler son compte. Diomi est coupable, lui qui a le sens de l'Etat et le sang politique dans les veines, de réussir sans bruit, dans un ministère où beaucoup d'autres avant lui se sont cassés les dents à moins d'un moins. Mais son plus grand crime, que ses adversaires n'osent pas citer publiquement, c'est de piloter un parti dont l'implantation au plan national ne peut que faire des jaloux. Surtout dans les rangs de ceux qui réduisent la République à la seule ville de Kinshasa. C'est la réussite de cette implantation en réalité, qui ne plaît pas à tout le monde, que l'on veut, avant terme, lui faire payer. Parce qu'à cette allure, il deviendra, comme homme et comme force politique, un interlocuteur politique incontournable dans un paysage politique où les alliances politiques s'annoncent inévitables. Tout cela naturellement lui vaut la haine de tous ceux qui n'aiment pas que d'autres réussissent là où eux-mêmes n'ont fait que lamentablement échouer. La campagne contre Diomi à laquelle on fait porter « une robe minière » ne poursuit en fait que des objectifs politiques : casser une étoile qui monte. Et qui monte bien. Nous sommes, en effet, à quelques mois des élections. Les Congolais, comme la Communauté internationale, tiennent à ce que ces élections aient coûte que coûte lieu. Les laboratoires qui fonctionnent à plein tube, ont déjà commencé leur travail de simulation. Il ressort ainsi des indications recueillies ici et là que parmi ceux qui sortiront des urnes tête haute, figure un certain Diomi Ndongala. Dont il faut, d'ores et déjà, s'assurer l'amitié, pour une alliance politique éventuelle. A défaut de quoi, tout tenter et tout faire pour le déstabiliser complètement. S'il n'est pas déstabilisé à temps, il ne sera pas possible, dans les combinaisons politiques qui suivront les élections, de ne pas compter avec lui. Aussi, en lui attribuant des propos, des ambitions politiques et des crimes économiques tirés essentiellement de leur imagination, les détracteurs de Diomi ne font, en réalité, que renforcer sa position politique et l'image de son parti dans l'opinion publique congolaise. Comme cela se fait sous d'autres cieux, l'opposition politique plurielle – qui garde sur cette affaire un silence qui ne l'honore pas, se doit de se ressaisir et se lever comme un seul homme pour défendre Diomi qui est, avec quelques autres ténors, ce que l'opposition a de meilleur pour aller aux élections en toute confiance. Car, il faut se dire que pour l'opposition politique, l'intérêt est d'affronter les élections en rangs serrés. En effet, la sortie régulière, et par moment pas très heureuse ni innocente, du nom de Diomi dans la presse et dans les sondages est un indice que cet homme, qui ne laisse pas indifférent, est un allié politique de poids. Par l'espace qu'il occupe sur le plan politique, il gêne certainement ceux qui ne peuvent avancer et prospérer que dans les ténèbres. La question cependant : à qui Diomi fait ombrage ? A personne à notre avis. Parce que de toute évidence, il ne veut prendre la place de personne. Même pas celle de ceux qui se battent dans le secteur minier. Au nom et pour le compte du gouvernement, Diomi veut que les richesses minières profitent au pays. Et permettent à ceux, nationaux ou étrangers, qui se conforment aux lois de la Rdc d'investir dans ce secteur de manière profitable, et pour eux et pour nous. Que doit-il dire et garantir de plus ? Plus il veut du bien aux uns et aux autres, plus malheureusement sortent des « mines souterraines » quelques flèches destinées à le refroidir politiquement. Il a dit et répété qu'il n'est pas candidat président de la République. Ici aussi, ceux qui veulent le calciner politiquement ne veulent rien entendre. Parce que, d'une manière ou d'une autre, tout le monde sait que, quoique l'on fasse, Diomi sera dans le peloton de tête de ceux qui seront, sanction des urnes oblige, appelés à gérer la République. Le voyant venir là où on ne veut pas qu'il soit, on cherche à l'acculer à devenir l'ennemi de tout le monde, surtout de ceux qui pourraient être demain ses alliés politiques objectifs. On va plus loin dans l'ignominie : on se sert même de médias internationaux pour le salir. Lui le fils d'un des pères fondateurs de ce pays. Qui a été élevé dans un milieu de rigueur, d'honneur et de probité. C'est sur lui que s'acharnent ceux qui savent pourtant qu'au sein de ce gouvernement, Diomi doit être cité parmi les meilleurs de ceux qui le composent. Contrairement à la légende qui se veut vérité, Kabila ne se plaint pas de son ministre des Mines. Ceux qui soutiennent le contraire ne savent pas de quoi retourne la situation dans toutes ses facettes. Soit ! Si l'on a tout ceci en tête, on peut aisément comprendre cet acharnement à vouloir lui créer des problèmes avec le chef de l'Etat et tous les autres membres de l'espace présidentiel. On va même jusqu'à lui attribuer des menaces qu'il aurait proférées contre le premier magistrat du pays. Tous ces mensonges, même habilement habillés de raisons minières, n'affectent pas l'estime que le pays qui sait a pour Diomi. A lui Diomi, qui ne menace personne et qui n'envie la place de personne, non plus, de tenir bon car la République que l'on croit distraite sait cependant et en définitive, ce que fait réellement chacun de ses serviteurs. Observateur, 06/07/2004 |