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Réflexion
8/2004
Août 2004

LANGUE, une source Historique. Le cas de Lingala de Kinsâsa.
Patrício C. BATSIKAMA


La langue est l’élément le plus fidèle qui accompagne l’évolution humaine. Et pour cette raison, l’Histoire s’imprime a travers les mots. Autrement dit, la langue, si nous acceptons qu’elle est l’élément catalyseur de toute société, alors, il est évident qu’elle soit une source historique qui contient l’information la moins frauduleuse de toutes les autres sources. Pour le confirmer, nous vous invitons à cette petite esquisse sur la formation des mots à Kinshasa.

1)    KODAYER : de Ko, préfixe pour indiquer la forme infinitive, et DAYER qui viendrait du mot français deuil. Le verbe kodayer, cependant se traduirait pour mourir. Il est né avec la deuxième jeunesse d’élite musicale kinoise qui, avec le théâtre plus tard, ont été le vrais propagateurs des mots forgés, argots, et autres expressions
2)    BOKILO : termo de respect pour designer les beaux-parents. Le termee vient de BO prefeixe de qualité (BU en kikôngo) et de KILO qui est l’abreviation de kiligramme. En terme général, il designe tout ce qui pèse. Les beaux-parents se dit  buzîtu ou zîtu en kikôngo. Bokilo serait sûrement forgé à partir du sens que retient buzîtu. Ce sont des gens de poids, une autre tournure. C’est dans ce même sens que que seront inventé des expressions comme basoeurs ya poids, Bapères ya poids,… respectivement les sœurs et les frères ( ou aînés) de valeur.
3)    MOTUKA : Voiture : De MO, préfixe d’agent et de tûka : provenir, venir, etc. Selon les règles sur la formation des mots, celui-ci ne désigne pas une personne. Les Kinois ont MOWUTA, pour dire un villageois, une personne qui n’est de ville. D’habitude, le suffixe I, indique que le mot désigne une personne comme dans ndôki, moteki, mosombi, moyibi, etc. MOYUKA désigne par contre «ce qui fait venir», un «moyen de déplacement» pour voie terrestre», d’où «voiture» spécialement.

Tout le monde le sait que lingla comme langue de Kinsâsa fut tout d’abord imposée par la colonisation belge, puis cimentée par le président Mobutu. D’où la langue française, ainsi que le concours des langues congolaises présentes à Kinsâsa (dès lors une ville cosmopolitique : lingala e l’Equateur, Kikôngo, Kitetela, Tshiluba, ) ont été le fourneau pour des nouveaux mots, expressions neuves, et nous en passons. Leur apparition, ont été conditionnées par des événements historiques. Quoique l’idée ait été initialement subjective, ils(les mots forgés) ont par après incarné des vérités réellement vérifiables dans les rouages de l’Histoire.

Pour ce faire, nous croyons que l’Histoire du vieux Kôngo avant les Européens, est aussi possible à partir d’études philologiques des mots, ainsi que le recueil systématique des noms des villages sur tout le territoire Kôngo, y compris des histoires et légendes exclusives de chaque village.

Mpâng’yeno BATSIKAMA
Luanda, Angola