Le débat sur la démocratie en Afrique en est un qui attarde toujours à venir. Je salue donc l'initiative de Vieux Kioni de le lancer sur ce forum.
Mon Gratien, j'ai toujours été d'avis que confiner la notion même de démocratie dans des contextes culturels est souvent signe de mauvais départ du débat. La culturalisation du débat sur la démocratie entraîne malheureusement ce que tu avances d'entrer de jeu dans ton texte, comme quoi l'Afrique n'aurait pas besoin de modèle occidental de démocratie.
A mon avis même si les détails de la pratique de la démocratie dépendait bien du contexte culturel, je crois en l'universalité de la notion elle-même. Confiner la démocratie uniquement dans les limites des élections est en soit la plus grande erreur commise tous les temps dans les milieux intellectuels surtout africains. Quand nous parlons démocratie, nous devrions avoir en tête le fondamental de la notion c’est-à-dire son essence, et non ses facettes sous le prisme des cultures. La démocratie est à mon avis aussi fondamentale que la notion même de l'existence pacifique au sein d'une communauté. La démocratie serait à mon avis un système qui tient en compte l'intégrité de l'homme ou de la femme entant qu'individu, et façonne dans le respect de cet intégrité leur expression dans le contexte plus générale représenté par leur communauté.
Vue sous cet angle, la démocratie peut se résumer comme le moyen qui garantit protection à l'individu dans son état d'être humain, et lui confère tous les droits de participation à la gestion de sa communauté entant qu'individu libre.
Note mon cher Gratien que les pivots de ma tentative de circonscription de la démocratie sont:
· protection de l'individu et
· participation à la gestion entant qu'être libre.
A mon avis ces deux notions résument bien toutes les versions des démocraties tel que pratiquer dans les sociétés dites démocratiques même si leurs modes d'expression sont différentes.

De la protection de l'individu découle toutes les notions liées aux droits de l'Homme ou de l'individu, et celle de la participation d'êtres libres intègre celles de toutes les libertés reconnus à ce jour à l'individu sous la déclaration universelle des droits de l'Homme.
Vue sous les deux angles dont j'ai fait mention ci-haut nous réaliserons clairement que ce sont là les aspirations de tous les êtres humains quelles que soient les sociétés dont ils sont issues.
Le degré de frustration des membres des sociétés humaines seront inversement proportionnel au degré de pratique au sein de la société de ces deux idéaux. Tout africain que l'on soit, nous devons admettre que nos sociétés n'ont jamais pourvu protection de l'intégrité humaine ni établit la participation de tous à la gestion du groupe entant qu'être libre. Nos sociétés ont souvent été gérée par la terreur. Un petit groupe décidant ce qui est bon pour tous, et souvent n'ayant aucun respect pour l'intégrité physique des membres de la société. Aussi loin que l'on puisse aller dans le temps dans l'étude des sociétés africaines, on y trouvera que du sang verser par des tyrans plus ou moins cruels les uns les autres.

La notion de démocratie est bien sûr une invention des sociétés saturées du règne de l'arbitraire. Ces sociétés ont développé un modèle qui garantirait l'harmonie dans la société pour effectivement mettre fin au règne de l'arbitraire, et ainsi établir l'harmonie au sein de la société. Parmi les éléments contribuant à l'harmonie dans la société humaine, ces sociétés ont épinglé les éléments comme la justice c’est-à-dire l'égalité de tous devant la loi (un arrêt à l'arbitraire), toutes les libertés dites fondamentales (expression, mouvement, association, etc), et la reconnaissance de la même et unique valeur d'être humain à tous les membres de la société. Et autour de ces idéaux, les sociétés occidentales ont commencé à confectionner des systèmes politique, économique, etc.. qui soient les reflets de ces idéaux fondamentaux.

Aucune de ces sociétés n'a encore atteint l'idéal, mais elles se sont au moins toutes déjà mises au travail pour l'atteindre.
Je crois que l'Afrique en générale et le Congo en particulier n'est pas exempt de cet exercice d'introspection. Nous n'avons pas besoin de réinventer la roue. Elle est là, et en âme et conscience nous devons accepter ces idées quoique sorties des expériences occidentales comme universelles. Je suis convaincu que dans l'absolu, ces idées sont universelles. J'attends toujours cette personne qui me montrera cette société d'humains qui aspirerait évoluer dans l'esclavage. Ceci pour dire que droits, libertés et justice sont des aspirations humaines pour tout le monde, quels qu’ils soient.
Au lieu de discréditer la démocratie comme une idée des occidentaux, nous devons au contraire débattre sur les meilleures voies qui aboutiront à son implémentations effective en Afrique. Nous devons avoir en tête qu'il n'y a pas une voie unique pour la démocratie, mais la finalité de la démocratie est unique et se résume à la poursuite des idéaux dont j'ai fait mention au début de mon texte.

Porte toi a merveille,

Léon D.M. Diatezua

- Même les nuits les plus longues finissent par céder leurs places aux jours radieux. Bientôt le Congo avec son peuple uni à jamais par le sort c’est-à-dire les privations depuis Léopold II jusqu'à sa réincarnation sous le pseudonyme de Mobutu sortira de sa nuit de torpeur et rayonnera comme une alpha-Star dans cette constellation nommée Afrique -


Lettre à un frère, Léon D.M. Diatezua
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