Au fait, AOF et AEF étaient des œuvres françaises. Négritude
et africanité, par contre sont connues comme œuvres africaines.
Est-ce vrai ?…
Toute révolution culturelle doit être en rapport avec les us
et coutumes et surtout la langue du peuple.
« La langue est l’âme du peuple » ou «l’idée
de l’esprit est liée à l’idée de la langue»
chante-t-on depuis Platon. C’est pourquoi bien que la révolution
culturelle en Europe fut initialement en latin, le français, l’allemand,
l’espagnol, le portugais ont fini curieusement pour jaillir jusqu’à
Rome où la propre langue sera, dira-t-on, bafouée.
Négritude, africanité ?
De nègre et de tude, suffixe pour marquer la qualité. Nègre,
lisons dans le dictionnaire Larousse XXè siècle, « est
le nom générique de plusieurs types de macaques ». Voilà
pourquoi, «macaque ! » fut longtemps l’injure du colonisateur
à son colonisé. Alors, négritude sera toujours rappelée
comme «qualité de macaque» Voilà tout.
Quant à africanité, de Africa et de nité, élément
savant pour indiquer la qualité. Personne ne sait d’où
vient ce nom, Afrique. Il désignait pourtant la Carthage (la Tunisie),
monde des Barbares aux yeux des auto-proclamés civilisés,
des Romains. Ou encore Ifrikia des Arabes rapines où ils allaient
exhiber leurs esclaves et sauvages gladiateurs. Ce pays signifiait un pays
aux vents chauds et malsains dans le langage des Romains, ce que les Grecs
appelleront Ethiopia (avec le même sens de pays de gens aux faces
brûlées). C’étaient des monstres ainsi comme le
rappellent cette expression si chère à l’Europe antique,
«Africa Portentosa», l’Afrique mère des Monstres.
Et pour imaginer cette réalité, il suffit de voir comment le christianisme hérita ces credo en illustrant le diable en noir ou en Africain et l’ange en blanc ou en couleur d’Européen. Et pourtant la Bible qu’il utilise comme fondement de leur croyance, enseigne que le diable est l’ange de Lumières : Lucifer.
Aujourd’hui africanité et Négritude ont enrichi les langues française, anglaise,… avec non seulement des mots de notre continent, mais ses enfants y compris. Cependant, imaginons si cela était en langues proprement africaines.
À l’heure actuelle, nous sommes dans une ère de grande technologie. Et je crois qu’après des indépendances, nous avons suffisamment des ingénieurs, médecins et autres spécialistes. La bonne révolution serait industrielle et celle-ci doit être liée avec nos langues. Que les chimistes traduisent la chimie en kikôngo, que les médecins le fassent en la médecine et autres spécialistes en leurs spécialités ! que les informaticiens construisent des ordinateurs en kikôngo ! Sans ambages, nous seront sévèrement combattu, croyez-moi, au contraire de ce qui se passa avec négritude et africanité. Car c’est l’arme la plus puissante contre l’analphabétisme et pour le vrai progrès. Et plus jamais l’on travaillera au seul compte de l’ex-colonisateur.
Certains diront que le kikôngo est pauvre en termes techniques par
exemple. Thermomètre, boussole, télescope,… n’existent
pas en kikôngo. Toutes les langues empruntent en d’autres langues.
Qui ne sait pas que griot, fétiche, penalty ne sont pas des mots
français ? pour le kikôngo l’on pourra adopter deux possibilités
:
1) ou répéter le terme avec un morphologie kikôngo ;
2) ou lui trouver un équivalant kikôngo tout en respectant
l’idée de ce qu’il est.
Bref, que la botanique, la zoologie, la chimie, les mathématiques soient traduites en kikôngo et enseignées sur tous les niveaux d’études. Voilà ce que j’appelle la semence de la vraie révolution.
Mpangi’eno Batsikama
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