Le Révérend Père Boka mérite la reconnaissance de la nation

Kinshasa, 28.06.2001 - En ces moments précis où nous nous apprêtons à commémorer dans la joie, une joie certes mitigée, le 41ème anniversaire de l'accession de la République démocratique du Congo à sa souveraineté nationale et internationale, nous avons pensé à publier les discours de 3 intervenants de la mémorable journée du 30 juin 1960, à savoir Sa Majesté le Roi Baudouin 1er, Son Excellence le Président Joseph Kasa Vubu et Monsieur le Premier Ministre Patrice-Emery Lumumba.

La circonstance se prête également pour rappeler (à ceux qui le connaissent) et apprendre (à ceux qui ne le maîtrisent pas) notre hymne national, le "Debout Congolais". Mais, avant de livrer ce texte plein de prophéties, pour ainsi dire, et d'exhortations à un effort collectif en vue de bâtir une nation forte et prospère au coeur de l'Afrique, nous allons devoir parler, en deux mots, de cet auteur dont nombre de nos compatriotes ont perdu les traces.

Le Révérend Père Simon Boka di Mpasi est vivant, en chair et en os. Il vit actuellement en Afrique de l'Ouest, sur la côte Atlantique. Où ses médecins traitants le soumettent à une cure d'air marin, de sommeil et de silence. C'est ce qui explique que le questionnaire de L'Observateur ne soit pas traité. Voyons brièvement sa biographie.

Le RP Jésuite est originaire du diocèse de Kisantu, du territoire de Madimba, district de la Lukaya, dans la province du Bas-Congo. Il est né le 20 septembre 1929. Docteur en théologie de l'Université grégorienne de Rome. Il est l'auteur-compositeur de deux hymnes nationaux du pays, à savoir le "Debout Congolais" en 1960 et "La Zaïroise"en 1971. Il est le traducteur, du kikongo en français, de 250 hymnes kimbanguistes (Eglise de Jésus-Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu).

Outre les chansons, le RP Londi Boka di Mpasi est le fondateur de la revue "Telema" qu'il a dirigé comme Directeur-administrateur de 1975 à 1998. Il a exercé les fonctions suivantes : professeur à Lumen Vitae de Bruxelles (1978-1986), à la Grégorienne de Rome (1983-1999), à Regina Mundi de Rome (1988-1999) et à Hekima Collège de Nairobi, au Kenya (1984-1993). Il est chercheur de théologie pastorale et quêteur d'expériences de terrain dans deux pays d'Amérique latine, dix pays d'Europe et quinze autres d'Afrique. Il participa en qualité d'expert au Synode africain tenu du 10 avril au 8 mai 1994.

Il a écrit de très nombreux articles dans 15 revues internationales et il a publié plusieurs livres, notamment "Rôle médiateur du Saint Esprit dans la révélation du Christ", chez Saint Augustin (Pug Rome, 1986), Verso una cattolicita arcobalenol etll (Pug Rome, 1998-1999) et "Théologie africaine, inculturation de la théologie" (Inades, Abidjan, 2000). Nous allons présenter ce dernier livre dans l'une de nos prochaines éditions.

Debout Congolais

Cet hymne national a été exécuté de 1960 à 1971, année au cours de laquelle la République démocratique du Congo a changé de nom, devenant République du Zaïre. La débaptisation du fleuve Congo et de la monnaie, passant du franc congolais au zaïre-monnaie, devait nécessairement entraîner le changement de l'hymne national. C'est dans ces circonstances que les talents du Père Jésuite furent également sollicités. Une avenue de la Gombe, celle qui sépare le Collège Boboto de l'ISP/Gombe, porte le nom de l'illustre auteur-compositeur de l'hymne national. Il mérite plus que cela.

Ci-dessous le texte du "Debout congolais"

Debout Congolais, unis par le sort

 Unis dans l'effort pour l'indépendance.
Dressons nos fronts, longtemps courbés

Et pour de bon prenons le plus bel élan,

Dans la paix.

O peuple ardent par le labeur

Nous bâtirons un pays plus beau qu'avant

Dans la paix
Citoyens, entonnez l'hymne sacré de votre solidarité
Fièrement, saluez l'emblème d'or de votre souveraineté

Don béni des aïeux,

O pays bien aimé
Nous peuplerons ton sol et nous assurerons ta grandeur
Trente juin au doux soleil

Trente juin du trente juin

 Jour sacré soit le témoin, jour sacré de l'immortel

Serment de liberté que nous léguons à notre postérité

Pour toujours

Edouard-Veritas M'Putu, L'Observateur du 28.06.2001