L’Honorable Kembukuswa
écrit à la Citaf :
« Le peuple Ne Kongo ne sera jamais divisé pour
une question de mauvaise gestion… »
Dans son édition n°736 du
1er avril 2004, la Cité africaine, analysant à froid les enjeux
politiques présents et futurs dans la province du Bas-Congo, au regard de la
marche générale de la transition en République démocratique du Congo (Rdc),
s’est inquiété de la situation pour le moins conflictuelle suscitée par la
question orale, initiée au Parlement par le Sénateur Alphonse Kembukuswa ne
Nlaza exigeant une commission d’enquête sur la gestion d’un montant de 260
mille USD, soit plus de 100 millions de FC pour par le gouvernorat du
Bas-Congo.
Dans un article intitulé « Enjeu politique :
l’honorable Kembukuswa assumerait-il la responsabilité de diviser les Ne
Kongo ? », la Cité africaine
soucieuse d’éclairer l’opinion sur une affaire qui prenait de jour en jour les
allures d’un conflit de leadership latent, s’est fait écho des réactions que
cette situation a suscitées dans plusieurs milieux politiques et autres. Une
controverse est donc née de la démarche de l’honorable Kembukuswa ne Nlaza au
point que d’aucuns se demandaient si un conflit entre deux leaders Ne Kongo, en
l’occurrence Me Kembukuswa et le gouverneur de province Tsasa di Ntumba, ne
risquerait-il pas de diviser les communautés dont les deux protagonistes sont
issus.
Dans une correspondance
adressée à la Cité Africaine, Me Alphonse Kembukuswa ne Nlaza, usant de
son droit de réponse, nous demande de publier la mise au point suivante :
Kinshasa, le 01/04/04
Monsieur l'Editeur-Propriétaire,
CONCERNE
Usage de mon droit de réponse
A Monsieur
l'Editeur-Propriétaire
C/° " LA Cité
Africaine"
23, avenue Tanganyika
KINSHASAIKINTAMBO.
Je suis un fidèle lecteur
de votre Journal que j'ai, toujours, classé parmi les quotidiens les plus
sérieux et les plus objectifs de notre pays.
C'est ainsi que j'ai pris
connaissance de l'article paru, à la une et en caractère gras, dans votre
Journal n° 736, du 181' AVRIL 2004, intitulé:
L'HONORABLE
KEMBUKUSWA ASSUMERAIT-IL LA
RESPONSABIUTE DE DIVISER LES NE KONGO ?
Ayant été cité, nommément,
dans ledit article, je viens, donc, par la présente, user de mon droit de
réponse, tel que prescrit par les textes légaux qui régissent votre noble
profession, pour que vous publiez, à la même place, avec les mêmes caractères
et avec ma photo (la même que vous avez publiée), le texte ci-après et ce dans
la prochaine parution de votre Journal.
L'HONORABLE KEMBUKUSWA REPOND:
J'AI, TOUJOURS, DEFENDU ET
DEFENDRAI, TOUJOURS, L 'IJNITE ET LES INTERETS LEGmMES DE NE KONGO.
Monsieur l'Editeur-Propriétaire,
J'ai, beaucoup, hésité
avant de me décider de répondre au contenu de votre article, car j'ai,
franchement, cru à un poisson d'avril, à une blague du 1er avril.
J'ai fini par me décider à faire la mise au point suivante afin que
notre peuple NE KONGO - qui n'est pas dupe - ait les deux sons de
cloche.
Du reste, ne dit-on pas que:
« MFUMU KADIANGA NGULU y A KUTU DIMOSI KO ))
(Le Chef ne mange jamais un porc qui n'a qu'une
oreille).
En effet, d'aucuns
voudraient faire croire à l'opinion nationale en général et à l'opinion NE
KONGO en particulier que mon souhait de voir une Commission sénatoriale d'aller
enquêter sur la gestion de plus de millions de francs congolais soit 260 mille
dollars américains ce n'est pas peu pour une maigre trésorerie d'une province
que le Gouvernorat du
Bas-Congo a dépensé, jusqu'ici, pour
!'opération « NGEMBA », aurait comme motivation un règlement de compte de ma
part à l'endroit de mon frère TSASA, l'actuel Gouverneur du Bas-Congo.
Rien n'est plus faux.
Je suis animé, uniquement,
en ma qualité de Sénateur, du seul souci d'être rassuré et LE PEUPLE AUSSI que
ladite somme de 260 mille dollars américains a, effectivement, été dépensée rationnellement
et de manière transparente.
S'il s'avère, après
enquête, que ledit montant a, effectivement, été bien géré, comme je l'espère
de tout cœur, je me ferais le devoir d'honnête homme d'adresser une lettre de
félicitation à mon frère, à notre Gouverneur.
Dans le cas contraire, il
appartient aux chefs hiérarchiques de l'intéressé de prendre les sanctions
nécessaires, puisque nous prônons, tous, la fin du régime d'impunité, du régime
des intouchables.
Monsieur l' Editeur-Propriétaire,
Croyez-moi, le peuple NE
KONGO ne sera jamais divisé pour une question de mauvaise gestion quel qu'en
sera l’auteur c'est-à-dire originaire du Bas-Fleuve, des Cataractes ou de la
Lukaya.
N'est-ce pas que parmi les
vertus qu'on reconnaît au peuple NE KONGO - même par ceux qui ne nous
aiment pas - il Y a la présomption de bon gestionnaire des
biens communs, des finances publiques?
Je demande, donc, à
quelques uns de mes frères qui s'agitent - heureusement qu'ils ne sont qu'une
infime minorité -- de cesser de distraire, inutilement, notre peuple, toujours
uni.
Maître Alphonse Kembukuswa
ne Nlaza
Sénateur
NDLR : Pour montrer,
s’il en était besoin, notre impartialité dans cette affaire, nous avons accepté
de faire droit à la requête de Me Kembukuswa, que nous publioncs in extenso,
conformément à la déontologie professionnelle et à la loi.
Cependant, nous ne pouvons nous empêcher de constater
que, dans son fond, le droit de réponse de l’honorable Kembukuswa aporte une
motivation supplémentaire qui aurait pu le décider à demander une commission
d’enquête, à savoir un règlement de compte dont il se défend du reste. Est-ce à dire que l’honorable
Kembukuswa aurait quelque compte à régler avec son « frère » Tsasa,
l’actuel gouverneur du Bas-Congo ? Dans l’affirmative, de quoi
s’agirait-il ?
La mise au point du sénateur Ne Kongo comporte donc des
allégations qui sèment le doute et confortent l’inquiétude de ceux qui
craignent de voir effectivement un éventuel conflit entre les deux hommes
déborder sur leurs communautés
d’origine respectives.
Me Kembukuswa justifie sa démarche devant le Parlement
par un besoin d’être rassuré – d’abord lui-même, le peuple ensuite – que les
260 mille dollars US en cause ont été dépensés « rationnellement et de
manière transparente ».
Et d’aucuns de s’interroger : pourquoi cet intérêt
sur le montant de 260 mille dollars US non pour l’ensemble de la gestion des
gouverneurs successifs du Bas-Congo qui sont sensés brasser des millions
pendant leur mandat.
« Le pleuple Ne Kongo ne sera jamais divisé pour une
question de mauvaise gestion, quelqu’en sera l’auteur », c’est-à-dire
originaire du Bas-Fleuve (Tsasa di Ntumba : Ndlr), des Cataractes
(Kembukuswa Ndlr), soutient ce dernier qui laisse ainsi entendre qu’il se voit
déjà dans le fauteuil de gouverneur du Bas-Congo.
Plus explicite encore cette autre affirmation de
l’honorable sénateur selon laquelle en cas de mauvaise gestion établie dans le
chef du gouverneur du Bas-Congo ses chefs hiérarchiques doivent prendre des
sanctions nécessaires « puisque nous prônons tous la fin du régime
d’impunité, du régime des intouchables ».
Tsasa di Ntumba serait-il un intouchable ? Au
demeurant, Me Kembukuswa ne semble pas lui-même reconnaître à son
« frère » Tsasa di Ntumba « l’une des vertus reconnues au peuple
ne Kongo – même par ceux qui ne nous aiment pas » - à savoir la
présomption de bon gestionnaire.
Sont-ils vraiment une infime minorité tous ceux que cette
affaire agte ? Rien n’est moins sûr. Et Me en sa qualité de Sénateur doit
savoir tendre l’oreille du bon côté pour écouter la clameur qui s’élève du fond
de cette majorité silencieuse attristée et peinée par le germes d’un conflit de
leadership qui semble obéir à la politique de « Ote-toi que je m’y mette ! ».
Dans le contexte politique actuel où les acteurs
politiques se disputent la gestion de la territoriale, cette analyse risque
d’être accréditée dans les milieux où l’on parle déjà des prétentions du
Rcd-Goma pour la province du Bas-Congo. Or, Me Kembukuswa est justement la poignée des personnalités de marque du
Bas-Congo, l’un allié du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma).
Si tel était le cas, les intérêts du peuple Kongo
passeraient donc après ceux d’un parti politique fraîchement sorti des maquis
de l’Est. Ce qui serait dommageable pour le destin des Ne Kongo !
Il est temps pour les deux protagonistes de ce conflit,
qui ne dit pas encore son nom clairement, de se ressaisir pour ne pas se voir
incomber la lourde responsabilité de diviser le peuple kongo, lequel ne rêve
qu’à refaire son unité et sa cohésion d’antan qui lui a conféré un leadership
incontestable dans la lutte pour l’indépendance et l’affirmation de la
démocratie.
En attendant, La Citaf rassemble toutes les données
disponibles et publiera à la veille des échéances électorales – cela cas par
cas – une série d’enquêtes sur les bons et mauvais gestionnaires Kongo pour
édifier l’électorat.
Mwilambwe Kitanda Wetu
(directeur du Département des ports maritimes – DPN) :
Matadi doit précéder la
reprise économique
Directeur du département des ports maritimes au seinde
l’Onata, l’ingénieur Mwimambwe Kitanda Wetu qui compte aussi un passage au
comité de gestion
De cette
entreprise est un homme qui aime les histoires et les défis à relever.
En
1990, nous a-t-il notamment rappelé en nous recevant – le mois passé – dans son
bureau du port de Matadi, j’étais à la tête du département de chemin de fer
Grâce à un crédit de la Banque mondiale, nous étions en train de moderniser
toute la signalisation, de Kinshasa à Sonabata – tout devant passer à
l’automatique. Et la très grande partie du travail avait déjà été fait quand
survinrent les troubles du campus de Lubumbashi. Ceux-ci eurent pour
conséquence la rupture de la coopération bilatérale ainsi que de nos relations
avec les institutions financières internationales.
La
désolation créée par cette rupture fut telle que de nombreux cadres étaient
persuadés que des entreprises comme nous à l’Onatra ne s’en relèveront jamais.
Et que tout était donc perdu… »
Nous
ne pouvions pas accepter cela et nous avons proclamé que le chemin de fer
refusait de mourir. Grâce à cette détermination et aux actions que nous avons
menées, souvent à la débrouillardise, le chemin de fer a survécu à la crise et
est en mesure de bénéficier des bienfaits des jours meilleurs qui pointent à
l’horizon…
Situation actuelle
La
situation actuelle, suite à l’ultimatum de l’ONI ressemble fort à celle qu’il
avait connue en 1990 avec les menaces qui pèsent sur l port et ses conséquences
terrifiantes. C’est pourquoi, comme il y a dix ans, il a décidé de sa battre
contre ce que, aux yeux de beaucoup d’autres apparaît comme une fatalité
inéluctable. « Le port de Matadi, re-proclame-t-il, refuse de
mourir ». Et le défi sera relevé, car, à moins de vouloir réduire ce pays
àmoins qu’un penny, la voie nationale et l’accès au monde extérieur doivent
absolument être sauvegardés.