Muanda devient une ville

            Une réunion regroupant les chefs de groupements et notables de Muanda, les limites de l’actuelle cité de Muanda créées par l’ordonnance n°87-232 du 29 juin 1987 ont été retenues comme celles de la future ville. Ces limites se présentent au nord par les groupements de Muanda/village et Makay-Niema, en suivant le fleuve Tende de son embouchure avec l’océan Atlantique jusqu’à sa source. De cette source, prolonge une ligne droite jusqu’à son croisement avec l’avenue du commerce. De ce dernier point, par la limite de la base de Kitona jusqu’au point Nord-Est. Au sud, par la limite de la base de Kitona du point Sud-Est jusqu’au plateau de Tonde. De ce point, une ligne droite s’étend jusqu’à la source de la rivière Nlala qui se prolonge jusqu’à la limite Sud-Est du quartier Malamba Bendo, passant par la forêt des Mangroves incluant la zone A du parc Marin des Mangroves dans laquelle se trouve toute la concession de la Socir, en passant par la jetée en suivant une ligne droite jusqu’à l’embouchure du fleuve Congo. A l’Est, par la limite de la base de Kitona, incluse dans la ville de Muanda, du point Nord-Est jusqu’au point Sud-Est. Et enfin, à l’Ouest, par l’océan Atlantique, du fleuve Tonde au fleuve Congo. Mamputu et Muanda sont les deux communes que comprendra la ville à créer. La commune de Mamputu englobe les quartiers Vulumba, Tshitshiompo, Malamba Bendo et Banana, séparée de la commune de Muanda par la grande avenue du Commerce. Elle comprend une population s’élevant à 81.184 personnes dont 79.587 composées des nationaux et 1.597 des étrangers.

            La deuxième commune celle de Muanda est située à droite de l’avenue du Commerce. Elle comprend le quartier Océan, le quartier Fusiala et le quartier Itonde Mbeleka. Cette commune a une population de 10.965 personnes dont 10.882 nationaux et 83 étrangers. La commune de Mamputu a une population élevée ou l’on trouve aussi un grand nombre d’étrangers par rapport à la commune de Muanda.

            Dans le domaine socio-sanitaire, la ville de Muanda compte deux grands hôpitaux à savoir, l’hôpital général de référence de Muanda et l’hôpital militaire de Kitona (Baki) et plusieurs polycliniques, centres de santé, maternités et dispensaires.

            Vodacom et Celtel sont les deux sociétés de télécommunication qui opèrent à Muanda et qui contribuent grandement au développement de Muanda dans ce domaine. Muanda comprend aussi des phonies ainsi que deux stations de radio (RCM et RTEM= sans oublier l’extension de la RTB.

            La seule principale route , la Nationale n°1 qui le relie à Boma est dans un état de dégradation avancé. Il en est de même pour toutes les routes de desserte agricole utilisées par les opérateurs économiques pour son approvisionnement en produits de première nécessité. L’aéroport civil de Muanda est desservie régulièrement par les aéronefs commerciaux tant des sociétés privées que ceux des sociétés pétrolières. L’aérodrome militaire de Kitona n’est pourtant utilisé que par l’armée. L’Onatra, avec sa vedette Kalamu, fait la jonction entre Boma-Banda et demeure le moyen de transport fluvial le plus prisé par les voyageurs, étant donné l’état de dégradation de la route Boma-Muanda.

            Le football étant le sport le plus pratiqué, cette ville en gestation dispose d’un stade dont les travaux de clôture sont très avancés. Outre le grand stade Salongo, plusieurs autres stades sont érigés à travers la ville.

            La ville de Muanda court le risque d’être confrontée à plusieurs problèmes qui sont d’abord d’ordre sécuritaire par le simple fait que les bases de Banana et de Kitona se trouvant dans ses limites sont dans des environnements où les infrastructures socio-économiques n’existent presque plus. Toute la population militaire converge souvent vers la ville d’où il y a des marchés et des pharmacies pour la survie. Souvent sans encadrement et sans moyen, elle crée de nombreux problèmes d’insécurité que l’autorité politico-administrative est appelée à résoudre malgré les minimes moyens mis à sa disposition. Les postes frontaliers de Yacht/Banana, Malongo, Yema, Bakuyanga, Incat et Lindu sont des points sensibles qui méritent d’être sécurisés. Ensuite, des problèmes d’ordre urbanistique sont à signaler car la ville de Muanda ne disposant pas de voies de canalisation des eaux de pluies et usées se trouve aujourd’hui victime des érosions qui nécessitent l’intervention du Gouvernement central pour y installer un réseau complet d’assainissement.
            La ville de Muanda compte trois grandes entreprises pétrolières à savoir la Chevron-Taxaco dont l’activité d’exploitation est concentrée en mer (offshoire), la Perenco-Rep qui se livre à l’exploitation et à la recherche pétrolière sur la terre ferme (Onshore) et ensuite la Socir qui aujourd’hui vit principalement de stockage des produits finis. On y trouve également le Port/Onatra à Banana qui attend un financement pour son agrandissement avec activité connexe. Il existe aussi des institutions qui confèrent à Muanda le caractère d’un milieu d’attraction important sur le plan socio-économique.

            Malgré la présence de ces sociétés pétrolières, le taux de chômage à Muanda demeure très élevé car la pratique des techniques modernes (automatisation) fait que ces entreprises n’utilisent qu’une minorité de la main d’œuvre laborieuse locale. 75% de jeunes sont des gens qui oeuvrent dans l’informel. La population de Muanda vit principalement de l’agriculture, de la pêche sur le fleuve et l’océan et de l’élevage du petit bétail.

            Dans l’ensemble de la ville de Muanda on dénombre 17 hôtels, 75 écoles primaires, 45 écoles secondaires, un institut supérieur officiel, deux instituts supérieurs privés, 3 centres de formation professionnelle sans oublier la grande bibliothèque créée en ville par  Perenco-Rep.

            Compte tenu de ce qui précède, nous estimons que la ville de Muanda qui va bénéficier d’une autonomie en tant qu’entité administrative décentralisée sera à même de fonctionner et de se développer à partir de ses propres ressources mis à part les subventions de la hiérarchie. L’érection du chef-lieu du territoire de Muanda en ville pousse à chercher un site pour le nouveau chef-lieu du territoire qui doit avoir une autre appellation. C’est ainsi, lors d’une rencontre tenue le 10 mars 2004 où, après un débat houleux entre les notables, les chefs de groupements voisins, les membres de la Fec, les autres associations et les autorités politico-administratives, de commun accord, Kanzi, agglomération située au centre du territoire qui portera le même nom.

            Il est à signaler que l’érection de Muanda en ville n’a pas entamé les limites des  groupements qui gardent leur intégralité comme par le passé. Car aucun groupement n’a été intégré dans la ville de Muanda.

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