Agitation dans les milieux portuaires de Matadi
Importateurs maffieux et certains déclarants en douane s’en prennent à l’OCC/Bas-Congo pour perpétuer la fraude
 
Ce qui se passe aujourd’hui dans les installations portuaires du Bas-Congo doit attirer l’attention du gouvernement de transition qui s’est engagé à combattre les anti-valeurs dans la gestion de la chose publique. En effet, nul n’ignore qu’avant l’avènement de l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila, tout le monde ne jurait que de travailler dans les secteurs générateurs des recettes de l’État, comme la douane, un des secteurs « raccourcis » connu pour vite amasser de l’argent et s’acheter voitures et villas. C’est bien Mzee qui est venu sonner le glas de l’échéance progressive, mais irréversible de l’action dévastatrice menée par des congolais  «  vautours » qui, pendant plus de trois décennies,  opéraient impunément en institutionnalisant les crimes économiques qui font ou faisaient dorénavant partie intégrante de l’éthique du pays.
Ils sont encore malheureusement nombreux dans les milieux portuaires ces Congolais et ces expatriés qui ont survécu au coup de force de Mzee et qui continuent à torpiller les efforts du Gouvernement tendant à maximiser les recettes de l’État à partir de ses régies financières. Leur credo connu de tous : servir  d’abord et avant tout leurs intérêts égoïstes au détriment de ceux de la  communauté nationale. Le travail de sape qu’ils ont mené plusieurs années durant, semble aujourd’hui hanter négativement l’imaginaire collectif du congolais qui, dans un élan désespéré, voire obsessionnel, du matériel à avoir ou à conquérir coûte que coûte, maîtrise difficilement aujourd’hui l’importance des vertus de solidarité et de partage équitable du patrimoine national qui devraient régenter toute société organisée. Pour un rien, le congolais est prêt à trahir sa patrie.
C’est pour mettre fin à cette anarchie entretenue au sommet de l’État que le nouveau pouvoir en RDC a arrêté un train des mesures visant à restaurer l’autorité de l’État et à réhabiliter le pouvoir exécutif du gouvernement en cherchant à lui donner les moyens de sa politique. Le projet du « guichet unique », s’inscrivait dans cette logique dynamique où l’État Congolais ambitionnait, outre la maximisation des recettes du trésor, la facilitation des opérateurs portuaires  dans le processus de dédouanement avec comme attribut la réduction du temps des opérations et l’assainissement de l’environnement portuaire dont la triste réputation contrastait avec les impératifs de modernité et de croissance économique. La matérialisation de ce projet signifiait connexion et informatisation des différents services intervenant dans le processus de dédouanement en vue de placer le port de Matadi parmi les grands ports maritimes du continent africain jouissant de la confiance des opérateurs économiques tant nationaux qu’expatriés.
Toutefois, depuis l’installation du guichet unique, on assiste à une véritable veillée d’armes dans les milieux portuaires de Matadi. De nombreux importateurs, habitués à la fraude, et leurs facilitateurs, les agents qui se recrutent parmi les agences en douane ainsi que les services œuvrant au port ne cessent de dénoncer à longueur des journées les méfaits du guichet unique. D’après ces derniers, loin d’améliorer la situation dans le processus de dédouanement et d’assainissement de l’environnement portuaire, le guichet unique est venu compliquer davantage la situation avec notamment la lenteur observée dans le traitement des dossiers dont les conséquences sur les frais de magasinage seraient incalculables, sans oublier la dernière crise qui a failli embraser les milieux portuaires de Matadi et de Boma au sujet du recours obligatoire à l’attestation de vérification délivrée par la Société Générale de vérification (SGV), seule correspondante attitrée de l’OCC à l’étranger ainsi que du certificat délivré par ce dernier devant permettre la fixation des prix des marchandises. La loi 009/03 du 18 mars 2003 portant sur la valeur en douane des marchandises importées sur laquelle les déclarants en douane et certains importateurs maffieux s’appuient, loin de conforter leur argumentation, ambitionne de minimiser, autant que faire se peut,  la fraude dans les régies financières de l’Etat, singulièrement à l’Office des Douanes et Assises (Ofida).
Il importe donc de la renforcer (loi) car ils sont nombreux comme à l’époque de la deuxième république ceux qui veulent restreindre son application alors que les choses ont beaucoup évolué sur terrain dans la découverte des différents circuits de fraude. Plusieurs actions de grande envergure ont été amorcées aussi au niveau de l’Onatra, de l’Ofida que de l’OCC à qui incombe la délicate mission de contrôle et de surveillance de la qualité et de la quantité.
Il convient de signaler qu’au départ, le contrôle pour quantifier les marchandises importées était physique et se faisait sur base de déclaration sans vérification alors qu’aujourd’hui, il y a le pont peseur précédé des transpalettes instituées à l’époque par l’OCC pour permettre aux différents services œuvrant au port d’être performants. L’installation du pont peseur par l’Onatra a permis de connaître le tonnage exact des marchandises importées. Si la présence du pont peseur a consolidé la démarche audacieuse et courageuse de l’Onatra par le biais du gouvernement interposé, elle a permis (présence) de réaliser l’ampleur de la fraude où un tiers ou un quart du tonnage était seulement déclaré.
Le pont peseur est donc apparu non seulement comme une véritable trouvaille, mais également comme un véritable coup dur contre tous ceux qui avaient pris l’habitude de détourner d’importantes sommes d’argent dues au compte du Trésor.
Maintenant que le tonnage était connu avec précision, il fallait par la suite élucider l’épineuse question des prix des marchandises à l’achat pour permettre à nos services de fixer correctement leurs taux de prestation en recourant notamment à l’expertise de la SGS sanctionnée par un certificat délivré par l’OCC en tant que institution de contrôle des prix, de la qualité et de la quantité. Cela, en vue de déterminer la valeur en douane. C’est cette nouvelle logique on ne peut plus claire et muée en jurisprudence qui dérange et trouble. C’est cette nouvelle logique qui est venue signer la mort de tous les vautours du port.
 
L’Etat va-t-il continuer à perpétuer la fraude douanière ? L’heure a sonné pour ouvrir l’œil et le bon pour que cesse cette récréation gratuite et inutile  à laquelle les habitués de la fraude veulent nous convier encore dans les
installations portuaires. Faut-il toujours laisser ces criminels de l’économie congolaise continuer à imposer leur diktat par la magie de l’argent sale alors que le pays a besoin des moyens pour se reconstruire ? 
La RDC doit cesser d’être le dépotoir du monde où viennent s’entasser ordures, ferrailles et autres produits provenant de l’extérieur qui « tuent » et « tuent » notre environnement. Laisser les coudées franches à l’OCC, c’est prévenir et éloigner de notre pays plusieurs maladies qui déciment des vies humaines. Nous ne parviendront jamais à réaliser ce pari si l’OCC continue à être fragilisé du dedans comme du dehors pour des intérêts égoïstes qui veulent prendre le peuple congolais en otage.
Encourager l’OCC à pousser ses investigations pour chercher à connaître par exemple qui sont derrière le dossier des six containers d’œufs  dont cinq proviendraient des pays de la zone menacée par la grippe aviaire, containers importés par des opérateurs économiques d’origine asiatique. Ces derniers, bénéficiant de la complicité des certains agents, auraient falsifié les documents d’importation de ces marchandises en vue de faciliter leur entrée en RDC.
Or selon les spécialistes de la zootechnie, le délai minimum requis pour un œuf est de sept jours. Passé ce délai, l’œuf peut devenir un poison pour l’homme. En outre, se demande notre spécialiste, notre pays a-t-il vraiment besoin d’importer des œufs à l’étranger ?
Pendant que l’OCC s’est déjà prononcé pour déclarer ces containers d’œufs impropre à la consommation humaine et donc voués à la destruction, cette cargaison serait réclamée par ceux qui l’ont importée pour son éventuel rapatriement. Ce sont là des manœuvres et pratiques entretenues autrefois et parfois par certaines autorités qui ignorent que certains produits importés, surtout les denrées alimentaires, peuvent provoquer la mort.. C’est un problème de conscience patriotique et d’amour envers le prochain.
Au moment où bon nombre de nos compatriotes doutent de plus en plus de l’avenir de ce pays, il est grand temps de leur offrir un espace d’espérance en s’adonnant consciencieusement à son travail comme on essaye de le faire à l’OCC pour sauvegarder les intérêts suprême de l’Etat et de la communauté nationale car, comme l’a si bien dit un homme politique de la RDC, « avec un peu d’honnêteté, ce pays peut décoller et permettre à chaque congolais qui travaille de trouver sa part, sa grande part, sans nécessairement recourir à des pratiques avilissantes qui  dénotent d’un manque d’amour et de patriotisme pour son pays ».-
P.K.A.