Sauvetage !
La
construction en cours du « mur de sécurité » ainsi que toutes les
autres mesures qui s’en suivent font partie de ce vaste programme de sauvetage
du port de Matadi et au-delà de toute la nation. Car il faut fidéliser la
clientèle pour que le port vive. D’autre part il ne faut pas perdre de vue la
lutte contre le terrorisme, car l port reste une porte d’entrée et de sortie
qui peut être utilisée par des criminels pour commettre des attentats à
l’étranger ou chez nous.
Depuis
2 ans donc, la haute direction de l’Onatra et le conseil d’administration se
sont courageusement lancés à la recherche des capitaux en vue de moderniser et
de renforcer les équipements du port pour une gestion efficace et rapide du
fret qui lui est confié.
Les bailleurs des fonds ont répondu
favorablement aux demandes de l’Onatra. Ainsi, la Banque mondiale a-t-elle
accepté de financier les travaux de réfection du Terminal Containers de Matadi
(TCM) dont le pavement devra recevoir une nouvelle couche de béton qui devra
faciliter le déplacement des engins et préserver leur survie. L’éclairage
électrique devrait aussi être réhabilité ainsi que le service anti-incendie.
Une
autre demande de financement concerne la réparation du magasin incendie durant
la rébellion ainsi que de la section des PIER menacés d’effondrement. Il y en a
pour plus de 6 millions de dollars de besoins. Après la rencontre des bailleurs
des fonds de Paris, un montant de 10 millions de dollars avait été promis à
l’Onatra – La chine avait aussi accepté d’intervenir.
Fonds propres
Toujours est-il que tout
cela doit encore être finalisé d’autant que les engins de manutention attendent
eux aussi une attention particulière.
C’est
pourquoi, sans continuer à attendre ces financements extérieurs, l’Onatra
s’est-il résolu à mettre la main à la bourse afin de financer les travaux les
plus urgents. Cette option est d’autant plus judicieuse que le temps presse et
que, comme le montent les signes du temps, comme diraient les enfants de Dieu,
la reprise n’est plus bien loin de nous et qu’il vaut dès maintenant la
préparer pour qu’elle nous surprenne pas.
Selon
les statistiques déjà disponibles, le mois de février a battu tous les records
de tonnage manutentionné. L’impact aligne 131.497 tonnes contre 79.074 tonnes à
l’export. Pour la même période l’année passée, on n’avait enregistré que 27.340
tonnes l’import contre 12.608 tonnes à
l’export.
De
mémoire de manutentionnaire, jamais depuis dix ans, on n’a connu une avancée
aussi significative.
« Il
s’agit à vrai dire des dividendes de la paix » commente Mwilambwe et tout
laisse croire que la tendance va continuer à s’inscrire dans la durée. Raison
pour laquelle, précise-t-il, nous devons nous préparer à faire face à cette
bonne tendance ». Matadi, a-t-il dit, doit se préparer et précéder cette
reprise, de peur qu’elle nous trouve non préparés et donc incapables de l’accompagner
et de la soutenir ».
La situation du CF doit nous interpeller
L’effort
doit être continu et l’Onatra nepourra être en reste. Il doit constamment
ouvrir l’œil et constater que tout le monde fait un effort pour s’adapter et
aller de l’aant. Et le directeur du DPO de citer le cas des grumes quisont
désormais exportés en containers. Un exemple d’effort et d’adaptation qui
devrait être suivi par tout le monde. Au risque de rater complètement le train.
La situation actuelle du chemin de fert est unexemple tupe de ce qui peut
arriver à un service qui ne s’adapte pas ou ne s’est battu suffisamment fort.
Tout lui passe entre les mains et rien n’entre en lui au point que le temps
risque de le consumer. Selon les statistiques disponibles, seul 5% du fret manutentionné
au p ort a été transporté par le chemin de fer. Et la situation n’est pas près
de s’améliorer pour l’avenir, malgré la reprise.
Ce
sont les transporteurs routiers qui absorbent déjà 90% du trafic qui
bénéficieront de cette reprise et qui retireront tous les fruits des efforts
que déploie le gouvernement.
Pour
Mwilambwe Kitanda Wetu, les choses sont claires : ces camions, trop
nombreux, causent beaucoup de torts au chemin de fer et à l’Onatra, victimes
d’une concurrence manifestement déloyale. Et des correctifs devraient être
appliqués à cette situation le plus rapidement possible.
Le
gouvernement qui doit être félicité pour ses efforts à réhabiliter la nationale
n°1 doit savoir qu’en définitive ces efforts se retournent contre e chemin de
fer et que la surexploitation actuelle menace la durée de vie de
l’ouvrage !
Au
niveau du port, les mêmes craintes existent.
Et
l’encombrement est tel que l’Onatra est obligé de créer une police de roulage
pour réguler la circulation de ces dizaines de camions qui chaque jour entrent
et sortent du port.
Nous bagarrer
Aux
clients qui sen prennent au pont pesant accusé d’être responsable de
l’encombrement du port, Mwilambwe souligne toutes les mesures prises pour leur
faciliter la tâche : la fermeture du port à 20 heures, l’extension de la
franchise de 4 à 8 jours, etc. En fait, précise-t-il, « des containers qui
débarquent au port, seul un tiers est instructionné » nous a expliqué le
patron du DPM.. Et ces chiffres qui reflètent le difficultés financières des
importateurs permettent de comprendre pourquoi Matadi, port de transit, est
souvent transformé en port de stockage. Un rôle qui lui va mal.
Inutile
donc de s’en prendre au pont pesant qui rend des précieux services dans la
lutte contre la fraude – l’Onatra négocie d’ailleurs l’achat d’un deuxième port
– ou le guichet unique qui surmontera ses problèmes actuels qui sot des
problèmes normaux de jeunesse.
Revenant
sur le programme de la sécurisation du port, le directeur du DPM souligne qu’il
s’agit de combattre les actes illicites, de tracer des voies de circulation et
de passage obligées et de préciser qui a droit de faire quel travail au port et
où dans des zones de sécurité graduées de A à C.
Un
personnel spécialisé sera formé pour faire exécuter ces directives de sécurité
en synergie avec les services de sécurité traditionnels et à travers des
comités locaux.
Et
si, comme ailleurs, le partenariat est le bienvenu, Mwimambwe K.W. souligne que
c’est d’abord aux Congolais et aux cadres et agents de l’Onatra de sa battre et
de défendre leur outil de travail.
« Nous
devons nous bagarrer pour nous maintenir », nous a-t-il dit en nous
reconduisant. Ceux qui vivrons demain, ce sont ceux qui se préparent à gérer le
trafic. Si rien n’est fait, aujourd’hui, on mettra une croix sur le port de
Matadi et nous aurons nous mêmes donné libre voie à la concurrence et à toutes
les manœuvres orchestrées par les grands transitaires en faveur de Pointe
Noire.