Le procès en appel de la Cour militaire
du Bas-Congo, ouvert jeudi dernier à Kasangulu sous la direction du premier
président, le colonel magistrat Pascal Muliba Tewa, a requis au deuxième jour
de son audience l’expertise du médecin légiste de l’hôpital général de
référence (HGR) de Kinshasa sur le corps de l’ex-Sœur Anne Nsaku, gardé encore
à la morgue de cet hôpital depuis son assassinat en date du 14 septembre 2003
dans la localité de Kisielele, située sur la nationale n°1 entre Madimba et
Kasangulu.
Ce procès qui oppose le
Ministère public au prévenu Jean Claude Mukoko, commandant et chef d’antenne
des services des renseignements généraux de la police nationale congolaise
territoire de Madimba, s’est ouvert sur fond de polémique autour de la sécurité
sur la nationale n°1 entretenue par certains hommes politiques originaires du
Bas-Congo pour des raisons faciles à deviner.
Outre les habitants de la
cité de Kasangulu et ses environs venus très nombreux assister à l’ouverture de
cette première audience de la Cour militaire du Bas-Congo, le gouverneur de
province César Tsasa di Ntumba, accompagné des membres du Conseil provincial
restreint de sécurité ainsi que les autorités tant du district de la Lukaya que
du territoire de Kasangulu avaient tenu à marquer de leur présence cette
cérémonie.
Siégeant en chambre foraine
au second degré, la Cour militaire affichait complet avec le premier président,
secondé par le major Kasongo Kapend et de 3 assesseurs dont le lieutenant
colonel Elonga, le major Ndindu Butaya, l’inspecteur provincial adjoint, Mikia
Landu ainsi que du greffier le major Aziza.
L’auditeur militaire, le
capitaine Lucien Likulia Bakumu, représentait le ministère public dans ce
procès au cours duquel les avocats de la partie défenderesse ont soulevé à
l’ouverture quelques irrégularités constatées qui devaient invalider l’acte
d’appel de l’organe de la loi. Examinant point par point ces irrégularités
soulevées, la cour a balayé d’un trait les argumentations formulées par les
avocats de la défense pour déclarer régulier et recevable l’appel du ministère
public. La cour a par la suite appelé le prévenu Mukoko de comparaître pour lui
signifier les chefs d’accusations retenus contre lui. Il s’agit notamment de la
violation des consignes militaires. Si le prévenu a reconnu facilement le
premier chef d’accusation mis à sa charge, le second l’a été difficilement. Le
troisième chef d’accusation qui justifie le dernier a permis au prévenu Mukoko
de prouver sa capacité manœuvrière à distraire la Cour par son humour et sa
propension à créer l’amalgame tendant à embrigader tout le monde dans ce procès.
Ses propos discourtois et enclins à l’irrévérence avaient plus d’une fois au
cours du procès obligé le premier président de la Cour d’inviter le prévenu,
par le biais de son conseil, à s’abstenir d’aggraver son délit en répondant
directement aux question. C’est ainsi qu’après avoir nié sa participation au
meurtre de la Sr Anne, le prévenu Mukoko, acculé par plusieurs questions posées
par le représentant de l’organe de la loi, et les avocats conseils du pasteur
Pakoki qui conduisait la jeep à bord de laquelle se trouvait l’ex sœur Anne
ainsi que des membres de la Cour militaire, a eu fort à faire pour se dédouaner
des présomptions qui pesaient sur lui. Partant de l’identification faite par
les occupants de la jeep, les avocats de la victime ont affirmé que la
perquisition qui s’en est suivie a permis la découverte au domicile du prévenu
Mukoko de plusieurs tenues militaires et autres effets sans oublier la malle
des munitions de guerre.
Bien plus, ont renchéri les
avocats, il est paradoxal de constater que le prévenu qui a déclaré ne pas
connaître le pasteur Pakoki, ait fait allusion à la présence du pasteur au lieu
du crime.
Le ministère public a pour
sa part relevé une similitude dans le port de la tenue par le prévenu Mukoko
chaque fois qu’il s’engageait dans une opération suicide.
De son côté, la Cour a
stigmatisé la passivité du commandant Mukoko du territoire de Madimba qui n’a
rien fait pour informer ses supérieurs hiérarchiques. Les débats sur ces deux
derniers chefs d’accusation ont été tellement houleux que la Cour a fini par
requérir le concours du médecin légiste pour l’éclairer sur ce qui aurait été à
la base du meurtre de sœur Anne avant de plancher une nouvelle fois sur ce
procès.
Ce procès en appel était
attendu impatiemment dans tous les milieux singulièrement les membres de
famille de l’ex sœur Anne qui ont fini par exprimer leur ras-le-bol de voir le
corps de la sœur Anne gardé à la morgue huit mois après son assassinat.
Mais les spécialistes du
droit renseignent que la procédure judiciaire donne l’impression de traîner en
longueur. C’est pour permettre à la Cour de disposer de tous les éléments
surtout matériels pour mettre l’action en mouvement. La sécurité sur la
nationale n°1 Banana-Kinshasa, loin d’être un problème des seuls membres du
gouvernement ou autorités provinciales du Bas-Congo, intéresse tout le monde.
Du côté de la province, des moyens conséquents ont été mobilisés pour permettre
aux techniciens de l’armée et de la police de faire leur travail.
(A suivre)
La vérité éclate sur la disparition de l’ancien bourgmestre William
Mpanzu Mbonza
La vérité est têtue. Elle
finit toujours par triompher. Cet adage a une fois de plus été prouvé le
dimanche 28 mars 2004 à Matadi avec l’incarcération de M. William Mpanzu
Mbonza, ancien bourgmestre de la commune de Nzanza à partir de Boma.
Ce joli coup de filet a été
l’œuvre des services spéciaux de la police nationale/Boma. Cette arrestation
met fin aux rumeurs qui ont entouré la disparition on ne peut plus mystérieuse
de cet homme qui pourtant avait des responsabilités à la tête de la commune de
Nzanza.
C’est à l’hôtel Maba à Boma
que M. William Mpanzu Mbonza a été appréhendé alors qu’il y passait
paisiblement son bref séjour avant son départ pour Muanda en provenance de
Kinshasa. L’ancien bourgmestre de Nzanza avait été conseillé de se laver à
l’eau de l’océan, remède susceptible de nettoyer son corps face aux nombreuses
irruptions cutanées dont il est victime depuis un certains temps.
Visiblement fatigué depuis
et rongé par la maladie, M. William Mpanzu Mbonza qui est aujourd’hui entre les
mains des services spécialisés à Matadi a démenti tout ce qui a été raconté
autour de sa disparition inopiné. En même temps, Mpanzu Mbonza a rejeté les
allégations selon lesquelles un montant de 100.000 $ américains destinés à la
hiérarchie lui auraient été remis par le gouverneur de province, M. César
Tsasa-di-Ntumba pour sécuriser son fauteuil.
Tout ce qu’il reconnaît et
regrette amèrement, c’est d’être parti de Matadi sans autorisation de sa
hiérarchie. L’ancien bourgmestre de Nzanza que nous avons rencontré dimanche 28
mars justifie ce manquement grave par la gravité de sa maladie dont il souffre
depuis plusieurs années.
Mpanzu Mbonza sollicite
d’ailleurs son relâchement afin de rentrer poursuivre son traitement à Kinshasa
et revenir définitivement exercer ses fonctions. Pour ce dernier, tout ce qui a
été dit autour de sa disparition qui n’en est pas une est un scénario monté
pour salir l’autorité et entamer leurs relations. Aujourd’hui, la vérité est
là. Elle avait été prédite par le chef de l’Exécutif au cours de ses nombreuses
rencontres avec la population, la jeunesse et les journalistes notamment.
En ce moment, l’audition se
poursuit en vue de déterminer les causes réelles de sa disparition et dire avec
exactitude où il a été. Cet exercice permettra soit de confirmer ou d’infirmer
ses propos.
Selon le rapport établi en
son temps, M. Panzu « a quitté furtivement Matadi le 7 juillet 2003
sous prétexte d’aller se faire soigner à Kinshasa ». Le maire de la
ville de Matadi, son chef hiérarchique direct ayant constaté cet abandon de
poste, avait ouvert le 23 juillet 2003 un dossier disciplinaire à charge de ce
fugitif.
L.M.M.