Les
radios associatives et communautaires en première ligne pour les élections
Les quelque 110 radios
associatives et communautaires de la République démocratique du Congo (RDC)
seront en première ligne pour la préparation des citoyens aux élections
générales prévues pour juin 2005.
« Il va falloir
expliquer aux Congolais ce que c’est qu’un vote. Les dernières élections
« normales » ont eu lieu en 1960 (Président Kasa-Vubu) et 1964
(Premier ministre Moïse Tshombé), aucun d’entre nous n’était assez grand pour
voter », a déclaré samedi à Kinshasa le ministre de l’Information et de la
Presse, M. Vital Kamerhe.
L’association des radios
associatives et communautaires (ARCO), créée en 2001, a tenu ses quatrièmes
assises cette semaine à Kinshasa.
Le thème de ce
« festival des radioteurs » comme ils s’appellent eux-mêmes,
portait sur le rôle de ces radios « avant, pendant et après les élections
générales ».
Venus de tout le pays, dont
certaines zones où la tension reste encore forte et où des « groupes
armés » continuent de semer la terreur, les « radioteurs » sont
issus d’expériences différentes.
A Bunia, dans la province
très troublée de l’Ituri (Nord-Est), où les militaires des Nations Unies sont
régulièrement la cible de bandes armées, « Canal Révélation » est
mené par des jeunes dont la moyenne d’âge est d’une vingtaine d’années. Selon
leurs auditeurs, ils montrent un calme et une maturité exemplaires.
A Muanda (Ouest),
« Côte atlantique » est la seule radio de la RDC dans un
environnement entièrement dominé par les radios angolaises.
L’un des radioteurs, primé
pour la qualité de ses reportages, raconte comment sa radio était surnommée
« radio-bambou » parce que son premier émetteur, « de la taille
d’une boîte d’allumettes » était fiché sur un piquet en bambou pour une
meilleure audience.
Radio Phénix, à Lubumbashi
(Sud-Est) émet à la seule intention des étudiants du campus de cette ville du
Katanga (Sud-Est).
Les radioteurs sont
confrontés aux pressions et à l’insécurité dans les zones en «post-conflit»,
mais ils se sont engagés à «vulgariser les fondements législatifs et
juridiques » de la Constitution en privilégiant les langues et les
cultures locales. Ils veulent également «promouvoir la diversité de vues et
d’opinions», la «neutralité et l’impartialité», tout en respectant les principes
de «l’équité du temps d’antenne».
Ils se sont également
engagés à «encourager la participation» au scrutin.
Le ministre a rappelé, pour
sa part, que les radios sont en Afrique «le vecteur d’information qui
touche le plus de monde».
Radios de développement,
dont certaines sont à fort caractère religieux, les radios communautaires
privilégient l’information de proximité, sur les questions agricoles et
environnementales et se font la tribune des association et organisation
non-gouvernementales, a expliqué le résident de l’ARCO, Freddy Mulongo.
Ce dernier est le président
de Réveil FM, la seule radio qui ne fait que de l’information de proximité sur
Kinshasa, la capitale de la RDC.
«Les radios associatives et
communautaires sot la voix des sans voix», des «radios participatives qui
donnent la parole à toutes les classes sociales», a-t-il déclaré.
Selon lui, ces radios
doivent être «citoyenneté et favoriser l’émergence d’une culture de la
démocratie dans ce pays.
Freddy Mulongo appelle les partenaires à soutenir le plan triennal
2004-2007 de l’Arco
Le président de
l’Association des radios associatives et communautaires de la république
démocratique du Congo (Arco), Freddy Mulongo a lancé un « appel
pathétique » aux partenaires intéressés par ce secteur à soutenir le plan
d’action de l’Arco couvrant la période de 2004-2007, dans un discours de
clôture des 4emes assises du Festival fréquences libres, samedi à la Halle de
la Gombe à Kinshasa.
Il a souligné qu’à l’instar
des compagnies aériennes et des sociétés de téléphonie cellulaire désormais
présentes partout à travers le territoire national, les radios associatives et
communautaires sont elles aussi de plein pied dans le processus de
réunification de la Rdc ;
Freddy Mulongo dit que
réuni les assises de Kinshasa qui ont réuni quelque 110 radioteurs venus des
provinces du pays et 37 invités ont été très encourageantes pour l’Arco, en
dépit de surcroît de travail qu’a entraîné le nombre de participants qui a
dépassé toutes les prévisions.
Il a affirmé que quand les
radios associatives et communautaires joueront pleinement leur rôle de radio
participative, alternative et citoyenne, le Congo démocratique se développera.
Il a remercié les bailleurs
de fonds qui ont soutenu la tenue de ces assises par leur apport tant matériel
que financier, à savoir la coopération française, la Halle de la Gombe, la
Mission de l’Onu au Congo (Monuc), la coopération belge, le Gret et l’Institut
Panos Paris (IPP).
Le représentant de
l’Institut Panos aris, Steve Matenga, a noté le développement accéléré que le
secteur des radios associatives et communautaires a connu en Rdc au cours des
dix dernières années, témoignage, selon lui, du besoin ressenti, par les
communautés, de communiquer et de participer à l’effort collectif national.
«La radio communautaire est
un outil puissant de renforcement d’une véritable démocratie et dont personne,
la base au sommet, ne pourra se passer pendant cette période crucial de
l’histoire de la Rdc», a soutenu Steve Matenga faisant appel à la capacité de
mobilisation de ces médias afin de faire participer les communautés au
processus de décision, notamment ors des prochaines élections.
Il a assuré les radioteurs
du soutien de l’IPP et de son accompagnement pour qu’ »au-delà du
pluralisme quantitatif, les radios de l’Arco atteignent le pluralisme
qualitatif ».